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30% selon Maron, 2% selon Henry : quelles économies va réellement devoir réaliser Bruxelles-Propreté ?

À quel point Bruxelles-Propreté va-t-elle devoir se serrer la ceinture dans les années à venir ? Le député bruxellois Alain Maron (Ecolo), ministre en charge de la Propreté sortant, évoque une réduction de budget de 30% voulue par le nouveau gouvernement bruxellois. La nouvelle secrétaire d’Etat de l’Urbanisme et de la Propreté Audrey Henry (MR) dénonce des propos “factuellement faux” et parle d’une réduction de budget de 2%. Entre baisse de budget de fonctionnement et non-remplacement du personnel, BX1 tente d’y voir plus clair sur le futur de l’agence régionale.

Bataille de chiffres en trois actes sur les antennes de BX1. Invité dans Bonsoir Bruxelles le 12 mars dernier, Alain Maron dénonce les coupes budgétaires dans certaines politiques publiques prévues par le nouveau gouvernement bruxellois pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2029. L’ancien ministre écologiste pointe notamment les moyens consacrés à l’environnement et à la propreté : “Le budget de Bruxelles-Propreté est réduit de 30 %, et les budgets pour l’environnement, l’énergie, la qualité de l’air ou la surveillance du survol de Bruxelles diminuent d’environ 25 %“, affirme-t-il.

Invitée ce mardi dans Bonsoir Bruxelles, Audrey Henry réagit : “Je m’étonne qu’en tant que ministre sortant, il ne connaisse pas mieux les chiffres. On n’est pas du tout sur l’ordre des 30% (ndlr : pour Bruxelles-Propreté). C’est factuellement faux et je l’ai d’ailleurs dit aux organisations syndicales. On sera plutôt sur l’ordre de 2%, avec potentiellement des recettes supplémentaires. Nous allons examiner cela plus attentivement“, assure-t-elle.

Une réponse qui ne convainc pas l’ancien ministre écologiste, qui revient à la charge sur les réseaux sociaux, rapport de la Cour des comptes à l’appui. “Le rapport de la Cour des comptes estime qu’il y a une économie de 8 millions d’euros sur le personnel de Bruxelles-Propreté (ce qui équivaut en tout cas à plus de 100 agents en moins… et sans doute bien plus). Dans le budget Bruxelles-Propreté, les moyens de la propreté (fonctionnement / investissement) sont bien réduits de 30%. Tout cela est bien logique vu que le gouvernement We Zullen Zien a annoncé entre 300 et 400 millions d’économies sur les services publics en 3 ans… La question est : comment continuer à garantir un service public de qualité et même l’améliorer au bénéfice des Bruxelloises et Bruxellois dans ces conditions“, maintient-il.

Moins de budget pour le fonctionnement

Contacté, l’ancien ministre bruxellois de la Propreté précise ses propos. Les 30% de réduction de budget dont il fait référence ne portent pas sur le budget global dévolu à l’agence régionale, mais sur la diminution des “moyens de fonctionnement et d’investissement” pour la propreté, autrement dit le matériel nécessaire au fonctionnement de la collecte des déchets. Les tableaux budgétaires du nouveau gouvernement bruxellois prévoient une réduction de 13 millions d’euros en 2024 à 10 millions d’euros en 2026, soit une réduction d’environ 30% de ces montants.

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Au niveau du budget alloué au personnel, le rapport de la Cour des comptes publié le 13 mars 2026 fait bien mention du chiffre de 7,9 millions d’euros. Il ne s’agit cependant pas d’économies stricto sensu, mais plutôt d’un crédit supplémentaire demandé par Bruxelles-Propreté face à la hausse des coûts salariaux, qui n’a pas été octroyé par le gouvernement. “Bruxelles-Propreté va bien devoir assumer des coûts supérieurs avec une même enveloppe“, nous glisse une source gouvernementale.

Réduction de personnel, y compris opérationnel

Dans ces conditions, plus d’une centaine d’emplois sur les 3.000 que compte l’agence devrait disparaître dans les prochaines années, mais ces suppressions de postes ne se feront que par l’intermédiaire d’une politique de non-remplacement et non de licenciement, prévoit le gouvernement bruxellois, Bruxelles-Propreté étant actuellement soumise à un moratoire sur le remplacement des départs dans la fonction publique. Pas de quoi rassurer du côté d’Ecolo. “Le non-remplacement, cela ne concerne pas que des départs à la retraite. Ce sont aussi des contrats CPE (premier emploi), CDD ou articles 60 qui ne sont pas renouvelés“, pointe Alain Maron qui voit là une manière détournée de réduire le personnel.

D’autant que la Déclaration de politique régionale du gouvernement bruxellois prévoit, juste pour l’année 2026, la fin de l’exception de moratoire jusqu’ici en vigueur pour le personnel opérationnel dans les administrations publiques. Autrement dit, les agents de collecte des ordures et de balayage ne seront pas non plus remplacés cette année lors d’un départ.

Une première“, déplore le député écologiste qui craint les répercussions sur le terrain. “Nous nous demandons sincèrement comment le gouvernement va pouvoir garantir un service public de qualité dans ces conditions. Il y a déjà eu des efforts de productivité lors de la précédente législature, notamment en augmentant la durée des tournées de ramassage. Cela s’est fait en concertation avec les représentants syndicaux, mais nous sommes déjà à la limite“, constate l’ancien ministre bruxellois. Le syndicat CSC de Bruxelles-Propreté vient d’ailleurs de débuter une grève de trois jours pour dénoncer le manque de personnel et le manque de concertation sociale au sein de l’entreprise.

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Du côté de Bruxelles-Propreté, on assure rester attentif sans vouloir se prononcer tant qu’un budget n’a pas été définitivement voté (le vote en séance plénière du budget bruxellois doit avoir lieu le 27 mars prochain). “Nous savions que toutes les administrations allaient devoir être mises au régime, ce n’est donc pas une surprise“, déclare le porte-parole de l’agence régionale Adel Lassouli. “Nous appliquerons donc la feuille de route décidée par le nouveau gouvernement.” L’entreprise se dit par ailleurs sereine sur le fait qu’il n’y aura pas de licenciement sec. “Le gouvernement a été catégorique là-dessus“, ajoute le porte-parole.

Le sujet doit être débattu ce jeudi matin en commission des Affaires générales et des Finances du Parlement bruxellois (à suivre ici). Une commission lors de laquelle les écologistes ne manqueront pas de questionner la secrétaire d’État libérale sur la mise en œuvre concrète de ces économies.

Victor de Thier – Photo/Vidéo : BX1

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