La situation devient intenable pour une centaine de demandeurs d’asile : “Le risque de décès est important”
La situation devient intenable pour une centaine de demandeurs d’asile. Depuis plusieurs mois, ils et elles campent devant le Hub Humanitaire, faute de places disponibles. Avec les températures de ces derniers jours, cela est même devenu dangereux pour certains. La plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés en appelle à la responsabilité du fédéral.
Les conditions sont polaires pour les demandeurs et quelques sans-abri qui vivent devant le Hub Humanitaire. Ils sont une centaines à dormir sous de fines tentes et survivre comme ils le peuvent.
“La nuit dernière a été très difficile. Il y en a parmi nous qui ont des bougies pour se réchauffer. Quand il y a du vent, tout tombe, des choses s’envolent. On ne peut pas laisser de bougies allumées à l’intérieur. C’est trop dangereux. Il faut être créatif pour avoir un peu de chaleur“, témoigne l’un d’eux.
La situation était préoccupante, elle est désormais dangereuse. Les réfugiés sont entre désespoir et amertume. “En venant en Belgique, je pensais pouvoir créer un futur pour ma famille. Elle se trouve au Kosovo. Mais regardez ici : on se croirait au Kosovo“, déplore un homme rencontré sur place.
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Mehdi Kassou est l’un des responsables du Hub Humanitaire. Selon lui, la Constitution n’est pas respectée. “Il y a une obligation légale, pour tous les niveaux de pouvoir, d’éviter que des drames ne se produisent. Hier après-midi, une personne en hypothermie a été emmenée en ambulance. Le risque de décès, dans des conditions comme celles-ci, est important. Il y aura des responsabilités derrière si ça devait se produire. On veut éviter ça. Notre appel est clair : tous les niveaux de pouvoirs doivent pouvoir s’entendre pour dégager des solutions, même temporaires, pour éviter que des situations telles que celle-ci se produisent“.
Un appel à l’aide est donc lancé par Mehdi Kassou : dans ces conditions, il faut des solutions d’urgence. “On est tous complètement saturés. La Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés a près de 1200 lits qui sont tous occupés, le Samu Social autant. La Croix-Rouge a plusieurs centaine de lits qui sont tous occupés. Au niveau de la Région bruxelloise et des opérateurs, on déploie déjà tout ce qu’on peut dans la limite des moyens et des lieux qui nous sont confiés. L’enjeu, c’est que le fédéral puisse aussi, à son niveau, mobiliser des lits et des ressources existants. Pourquoi pas la Protection Civile“.
La ministre de l’Asile et de la Migration Anneleen Van Bossuyt n’a pas répondu à nos sollicitations.
■ Reportage de Simon Breem et Charles Carpreau





