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Colère des enseignants : “Des lignes rouges ont été franchies, ce n’est pas acceptable”

Élisabeth Degryse, ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles (Les Engagés), était l’invitée de Bonjour Bruxelles.

Majorité contre opposition, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) a définitivement validé, dans la nuit de vendredi et après un débat-marathon de 14 heures, les mesures d’économie prévues dans l’enseignement par le gouvernement MR-Engagés. Élisabeth Degryse se dit convaincue par la nécessité de ce paquet de mesures malgré la forte contestation des enseignants : “C’est l’étape indispensable pour assurer la pérennité de notre enseignement sur le moyen et le long terme. Il fallait prendre des décisions claires pour avoir une série de mesures d’économie qui vont permettre, dans les années qui viennent, de réinvestir dans les compétences essentielles que sont celles de la FWB.”

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Toutefois, la ministre-présidente veut rassurer : il n’ y aura pas d’autres mesures d’économie dans la suite de la législature. “La force de l’exercice budgétaire que nous avons fait, c’est qu’il s’inscrit sur plusieurs années. Et donc nous avons pris cette nuit les mesures les plus importantes en matière d’économie en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il n’y aura plus de mesures de ce type-là.” Elle dément par la même occasion les rumeurs concernant une potentielle privatisation de l’enseignement ou le passage à 24h de cours pour tout le monde.

La colère des enseignants ne retombe pas, au contraire. Certains professeurs  envisagent désormais de boycotter les examens, y compris les épreuves certificatives. Interrogée sur de possibles sanctions à l’encontre des professeurs qui ne participeraient pas à ces examens, même s’ils sont couverts par un préavis de grève, Élisabeth Degryse répond par l’affirmative en rappelant que les épreuves externes sont décrétales. “Il faut appliquer les décrets qui organisent ces épreuves externes, c’est essentiel. Ne perdons pas de vue que nous sommes face à des jeunes qui ont tous vécu le covid et qu’il y a une vraie nécessité aussi à leur offrir des étapes certificatives que certains n’ont pas eues en fin de primaire.”

Hier, une nouvelle mesure d’accompagnement a été annoncée. “On a déjà un gel de réaffectation qui protège les enseignants nommés, les temporaires prioritaires et les temporaires. Et en plus de ça, nous mettons en place une mesure complémentaire pour les temporaires prioritaires pour garantir qu’ils ne soient pas laissés au bord du chemin. C’est une mesure qui risque de coûter un petit peu, mais nous l’assumons et notre trajectoire (budgétaire) nous permet de l’assumer. C’est une mesure qui coûte beaucoup moins cher que le report d’un an de la mesure complète, mais c’est une manière pour nous d’avoir un message clair aussi vis-à-vis des enseignants. Notre souhait est de ne pas laisser des gens au bord du terrain“, explique la ministre-présidente de la FWB.

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Concernant le potentiel remplacement du statut par un contrat à durée indéterminée pour les enseignants, Élisabeth Degryse confirme que cette mesure est toujours sur la table, mais que son adoption dépendra de son cout. “Notre volonté, c’est de stabiliser les enseignants dans le début de la carrière. Un des outils qui nous semble être une bonne idée, c’est ce fameux contrat à durée indéterminée pour les enseignants, pour lequel on sait que le surcoût potentiel au niveau des cotisations peut être important. Évidemment, nous n’allons pas nous tirer une balle dans le pied après toutes les économies que nous venons de faire en remettant sur la table un projet qui va nous coûter, à moyen et long terme extrêmement cher. Il y a des discussions en cours avec le fédéral et la faisabilité du projet dépendra de sa faisabilité budgétaire.”

Fait notable de la soirée d’hier : la députée Mathilde Vandorpe, jusqu’il y a peu encore cheffe de groupe des Engagés, s’est abstenue de voter pour exprimer son opposition aux mesures décidées. “Il est de votre rôle de reprendre un vrai dialogue pour ne plus jamais revivre ce qui vient de se passer (…) Rien ne justifie le manque de respect et le mépris“, a-t-elle osé à l’adresse du gouvernement sous les applaudissements de l’opposition.

Je voudrais remercier l’ensemble des députés qui ont travaillé toute la nuit avec nous et qui ont soutenu ce texte. Il ne faut pas sous-estimer à quel point ils ont été soumis à des pressions importantes, tous, parfois jusque dans leur vie privée. De manière, je trouve excessive puisqu’il y a des lignes rouges qui ont été franchies et je pense que ce n’est pas acceptable. Je pense que madame Vandorpe a voulu identifier un désaccord sur la méthode. Je pense que, sur le fond, elle est d’accord avec les mesures que nous avons prises. Nous sommes bien conscients qu’elles ne seront peut-être pas porteuses électoralement pour les années à venir, mais nous sommes certains que nous avons pris des mesures qui sont essentielles pour la Fédération Wallonie-Bruxelles”, conclut Élisabeth Degryse.

■Retrouvez l’interview complète d’Élisabeth Degryse par Fabrice Grosfilley dans la vidéo en tête d’article.

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