Après 613 jours de blocage, la Région bruxelloise tient enfin un accord de gouvernement
Réunis en conclave depuis mardi matin à la Fondation universitaire, les négociateurs du MR, du PS et des Engagés côté francophone, ainsi que de Groen, Anders, Vooruit et du CD&V côté néerlandophone, sont parvenus à un accord, a annoncé le porte-parole du formateur Georges-Louis Bouchez (MR) devant la Fondation Universitaire où les négociateurs étaient réunis en conclave.
Le président des libéraux francophones a illustré cet accord sur le réseau X avec une image de fumée blanche. “Accord pour Bruxelles ! Un projet équilibré, responsable mais aussi ambitieux pour notre région-capitale“, a aussi confirmé le président du PS bruxellois Ahmed Laaouej.
Après 613 jours d’affaires courantes et d’incertitudes politiques, la Région bruxelloise dispose enfin d’un accord de gouvernement. Pour rappel, les sept partis concernés (PS, MR, Les Engagés, Groen, Vooruit, Anders et CD&V) étaient réunis en conclave depuis mardi à 10h30, à l’initiative du formateur Georges-Louis Bouchez (MR). Invités à rester sur place jusqu’à la conclusion d’un compromis, leurs représentants ont négocié sans relâche, jour et nuit, afin de surmonter leurs divergences sur des dossiers sensibles tels que la LEZ, Good Move ou encore les friches. Ce jeudi, ils sont finalement parvenus à sortir la Région de l’impasse politique, notamment suite à la décision d’Anders, de rejoindre les négociations sans la N-VA.
► Revoir notre émission spéciale | 600 jours sans gouvernement: édition spéciale
La coalition rassemble 55 députés sur les 89 que compte le Parlement bruxellois et bénéficie d’une majorité dans les deux groupes linguistiques : 46 sièges sur 72 du côté francophone et 9 sur 17 du côté néerlandophone.
Les mesures déjà annoncées
Devant les journalistes, le formateur Georges-Louis Bouchez a dévoilé quelques éléments de l’accord. Les négociateurs se sont accordés sur un retour à l’équilibre visé en 2029, avec des économies dans les services publics et la solidification de Vivaqua et de la SLRB, un nouveau plan de mobilité, l’arrêt du chantier du Métro 3 avec la solution d’un tram qui complètera la boucle. Georges-Louis Bouchez a également évoqué la propreté et la sécurité à Bruxelles.
L’accord complet sera publié dans le courant de la matinée ce vendredi.
Un cap budgétaire clair : retour à l’équilibre en 2029
Au cœur des négociations figurait la situation budgétaire préoccupante de la Région, marquée par un déficit important. Les sept partis se sont donc accordés sur une trajectoire visant le retour à l’équilibre budgétaire en 2029. Le Métro 3
Cette trajectoire intègre un effort cumulé de l’ordre d’un milliard d’euros d’ici la fin de la législature. Elle devrait combiner des économies sur le fonctionnement de la Région, une rationalisation de certaines politiques, ainsi que des réformes structurelles destinées à modifier la dynamique des finances publiques.
Les partenaires affirment avoir trouvé un point d’équilibre entre l’exigence de discipline budgétaire, défendue notamment par les néerlandophones d’Anders, et la volonté des partis de gauche d’éviter toute “casse sociale” et de ne pas fragiliser davantage les publics les plus vulnérables.
Ras-le-bol des citoyens
Cet accord marque l’aboutissement d’un long processus marqué par de nombreux échecs. Fin janvier encore, le formateur des Engagés, Yvan Verougstraete, avait renoncé à sa mission après l’impossibilité de réunir une majorité autour d’une première réunion budgétaire. En cause, l’absence du ministre bruxellois du Budget, Dirk De Smedt (Anders), sur fond de désaccords autour de l’objectif d’équilibre en 2029.
Face à cet abandon, la pression citoyenne s’est accentuée, et notamment à travers l’initiative du collectif Respect Brussels, qui a rassemblé l’ensemble des partis autour d’une même table. Si cette rencontre n’a pas directement débouché sur un accord, elle a largement contribué à relancer le dialogue.
► Revoir | Le PTB ne regrette pas de ne pas participer au conclave : “Le MR veut former une Arizona bis”
Le conclave entamé cette semaine aura finalement permis de dépasser les visions opposées et les vétos de chacun. La Région bruxelloise tourne finalement une page historique : 613 jours sans gouvernement de plein exercice.
■ Notre dossier sur la Formation bruxelloise
Bart De Wever “sceptique” sur la capacité à assainir le budget
Bart De Wever s’est dit “sceptique” sur les capacités du nouveau gouvernement bruxellois d’assainir les finances de la Région, jeudi soir après l’annonce d’un accord entre sept partis.
Le parti du Premier ministre, la N-VA, n’ayant pas été impliquée dans les négociations, il n’a pas encore pu lire le contenu de l’accord, a-t-il expliqué depuis le château d’Alden Biesen, dans le Limbourg, où se tenait un sommet européen informel.
“De ma perspective en tant que Premier ministre, ce qui m’intéresse est l’assainissement (budgétaire) de Bruxelles, qui a un déficit énorme. Si ce nouveau gouvernement réussit à s’en occuper, je vais m’en réjouir“, a déclaré Bart De Wever, ajoutant qu’il était “un tout petit peu sceptique”, car il “connaît le jeu et le cynisme du PS”. Le parti socialiste a selon lui attendu deux ans, jusqu’au “pourrissement” de la situation, “au point que les autres acceptent leur chantage.”
Sept partis se sont mis d’accord pour former un gouvernement bruxellois: le MR, le PS, Les Engagés côté francophone, et Groen, Anders, Vooruit et le CD&V côté néerlandophone. Le porte-parole du formateur Georges-Louis Bouchez l’a annoncé en début de soirée jeudi.