L’ouverture du centre Fedasil à Uccle suscite toujours de l’inquiétude dans ce quartier où “tout le monde se connaît”
L’ouverture du centre Fedasil à Uccle dans l’ancienne maison de repos a provoqué pas mal d’émoi dans le quartier. Les riverains ont introduit un recours en justice pour savoir si les règles urbanistiques du futur centre sont bien respectées. La commune, informée quelques jours avant par le Samusocial et mise, elle aussi, sur le fait accompli, s’est jointe à l’action pour tenter d’obtenir des réponses.
“Ici, c’est super convivial. On a un groupe WhatsApp dans la rue. Dès qu’on a besoin de quelque chose, de quelqu’un, on peut faire appel. On cherchait un chargeur et deux minutes après, on en avait deux.” Marie-Luce vit dans le quartier depuis 40 ans et y est très attachée.
Sur la rue Beeckman, les voisins s’arrêtent et prennent des nouvelles les uns des autres. L’entraide et le calme rythment la rue à sens unique où l’entente dans le voisinage fait le bonheur de l’octogénaire.
Quand nous lui demandons ce qu’elle pense de l’implantation du nouveau centre, elle nous répond: “C’est une très bonne idée. On ne va tout de même pas laisser les gens dehors. Il y a de la place, il y a de l’air. La seule chose que je reproche c’est qu’il y aura beaucoup trop de monde pour le bâtiment que je connais bien.”
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Mais pour d’autres riverains, la venue du centre risquerait bien de bouleverser la quiétude de leur quartier. “Ça va dévaluer le quartier pour les propriétaires. Ils disent qu’il y aura soi-disant du personnel qui sera là en permanence mais ce n’est pas vrai. Comme vous le voyez, c’est très calme !”.
D’autres, sont encore plus tranchés sur la question. “Je suis radicalement contre ce centre. Il y a 80 chambres pour 230 personnes, c’est de la folie ! Où est-ce qu’ils vont mettre tout ce monde. À la base, c’est une maison de repos avec 80 personnes“, s’indigne un autre riverain.
Recours introduit en justice
Face à cette situation, des riverains ont décidé de rédiger une lettre adressée au Conseil communal d’Uccle : “Il ressort du travail mené par les riverains que, malgré le régime d’exception particulièrement favorable qui paraît s’offrir à Fedasil et à son opérateur, de nombreux indices amènent à considérer que l’ouverture projetée du centre n’a pas été envisagée dans le respect des exigences légales et réglementaires applicables. Faute de réponse concrète des publics sur le fondement juridique de ce projet, une action en référé visant à en suspendre l’ouverture a dû être introduite.”
Valentine Delwart, la bourgmestre d’Uccle, explique avoir été contactée début juin par le Samusocial alors que le projet était déjà bien avancé. Elle regrette le manque de concertation entre Fedasil et la commune: “La première urgence a été de prévenir les voisins du centre, car il y a eu un fait accompli aussi bien pour la commune que pour les habitants du quartier. C’est cela qui nous conduit à introduire une action en justice, malheureusement”, justifie-t-elle.
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Entre l’annonce et l’ouverture du centre prévue initialement le 14 juillet, 24 jours se sont écoulés. Les riverains ont introduit une requête unilatérale en s’adressant à un juge pour dénoncer les procédures d’implantation du centre avec un déménagement prévu le 14 alors qu’une décision de justice était attendue après la date prévue.
“Au travers de ces procédures, la commune souhaite avoir toute la clarté sur ces règles. Cela ne permettait pas de préserver les droits des riverains. c’est une décision d’un juge sur base des éléments de calendrier”, poursuit la bourgmestre, qui précise que la commune est intervenue volontairement dans la procédure pour obtenir des réponses.
Le 24 juin dernier, la commune avait organisé une réunion d’information pour permettre aux riverains de venir poser leurs questions. Selon Valentine Delwart, des gens extérieurs ont interféré dans le dialogue. Elle précise que la pétition et le recours sont deux choses distinctes, “ce n’est pas une pétition à l’initiative des riverains qui ont introduit le recours.”
Gloria-Grâce Kamba
■ Reportage de Maria Bemba et Yannick Vangansbeek