Des riverains introduisent une procédure en référé contre le futur centre d’accueil Fedasil à Uccle
L’ouverture prochaine à Uccle d’un centre d’accueil de 230 demandeurs de protection internationale, qui sera géré par le Samusocial pour Fedasil, inquiète certains riverains.
La réunion d’information organisée fin juin par la commune n’aura pas permis d’estomper les inquiétudes de tous les Ucclois. Une association de riverains habitant dans des quartiers autour du futur centre ont décidé d’introduire une procédure en référé – une action en justice d’urgence qui permet d’obtenir rapidement une décision provisoire d’un juge – visant à suspendre provisoirement son installation.
Pour rappel, le futur centre, qui doit être installé dans une ancienne maison de repos de la rue Beeckman, accueillera environ 60% de familles, majoritairement monoparentales avec enfants, ainsi que des hommes et des femmes isolés et trois mineurs étrangers non accompagnés (MENA). Il s’agit d’un transfert des résidents actuellement hébergés dans un centre à Koekelberg.
“Cette démarche n’est ni un rejet de l’accueil des demandeurs de protection internationale, ni une opposition de principe à leur présence dans le quartier“, assurent les riverains. “Les habitants concernés insistent sur leur conviction profonde que toute personne en exil a droit à un accueil digne, conformément aux obligations nationales et internationales de la Belgique. Cet engagement ne fait pas débat au sein du quartier.”
Deux préoccupations majeures
L’action en référé introduite repose néanmoins sur deux préoccupations majeures : le respect de l’État de droit et les conditions concrètes de mise en œuvre du projet. “L’annonce de l’ouverture du centre prévue à partir du 14 juillet 2026, avec une capacité pouvant atteindre jusqu’à 238 personnes a été communiquée à la dernière minute, par un toutes-boîtes distribué le 19 juin 2026. Lors de la réunion d’information du 24 juin, de nombreuses questions sont restées sans réponse, notamment concernant les fondements juridiques précis des décisions prises, les autorisations nécessaires et le respect des règles d’urbanisme applicables“, pointent les riverains.
Concernant les conditions concrètes de mise en œuvre du projet, les riverains insistent sur le fait que la rue Beeckman est une voirie résidentielle étroite, à sens unique, caractérisée par un habitat dense à front de rue et des trottoirs limités. “Ces questions ne relèvent ni de la peur ni du rejet, mais d’une volonté de garantir des conditions de vie dignes pour tous – futurs résidents du centre comme habitants actuels“, ajoutent les riverains.
Concertation toujours en cours
Lors de la réunion d’information, la bourgmestre Valentine Delwart (MR) s’est dite favorable à la création d’un “contrat de quartier” associant commune, Samusocial et représentants des riverains afin de définir des engagements communs. “Depuis l’annonce du projet, les riverains ont mené des discussions constructives, cherchant des solutions équilibrées et participant aux travaux engagés par la commune autour d’une charte de bonne entente. Cette participation se poursuivra, indépendamment de la procédure en référé en cours. Ladite procédure vise uniquement à permettre qu’un projet de cette ampleur soit examiné dans un cadre légal clair, transparent et respectueux tant des personnes appelées à être accueillies que de la collectivité qui les accueille“, concluent les riverains.
BX1 – Photo : Belga