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À Bruxelles, un tiers du budget des ménages part dans le logement

Le logement prend une place de plus en plus importante dans les budgets des ménages bruxellois et accentue les inégalités entre les régions mais aussi au sein même de la capitale.

À Bruxelles, le logement occupe désormais une place centrale dans les budgets des ménages. Selon une nouvelle étude de l’Institut bruxellois de statistique et d’analyse (IBSA), publiée ce mardi sur base des données 2024 de l’Enquête sur le budget des ménages de Statbel, les ménages bruxellois consacrent en moyenne 34,6 % de leurs dépenses au logement. C’est davantage qu’en Flandre (29,9 %) et qu’en Wallonie (30,5 %).

Ce constat se confirme lorsqu’on regarde la structure des dépenses des ménages bruxellois. Le logement arrive très largement en tête, loin devant l’alimentation qui représente 13,9 % du budget. Toutes les autres dépenses restent en dessous de 10 %, avec notamment les biens et services divers (9,3 %), les transports (9 %) ou encore la culture et les loisirs (8,2 %). Viennent ensuite les restaurants et hôtels (7,5 %), la santé (5 %), les meubles et équipements du ménage (4,2 %), les vêtements et chaussures (3,1 %) et les communications (2,9 %). Les parts les plus faibles du portefeuille bruxellois concernent l’alcool et le tabac (1,7 %) ainsi que l’enseignement (0,6 %).

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Mais l’étude de l’IBSA met surtout en évidence une fracture sociale grandissante : le poids du logement varie fortement selon les revenus. À Bruxelles, les 25 % de ménages les plus modestes y consacrent 43,8 % de leur budget. C’est presque la moitié de leurs dépenses mensuelles. À l’inverse, les 25 % les plus aisés y consacrent 29,3 %. L’écart est structurel et se retrouve dans les autres régions, mais il est néanmoins plus marqué dans la capitale.

Les loyers flambent plus vite à Bruxelles

Ces différences s’expliquent directement par les niveaux de prix. En 2024, le loyer médian d’un nouveau bail atteignait 980 euros à Bruxelles, contre 830 euros en Flandre et 750 euros en Wallonie. La capitale reste ainsi la région la plus chère pour se loger, avec des loyers nettement supérieurs au reste du pays.

Le marché de l’achat suit la même logique. Une maison tous types confondus coûtait en moyenne 505.000 euros à Bruxelles, contre 330.000 euros en Flandre et 200.000 euros en Wallonie en 2024. En deux ans, les prix ont encore plus explosé.

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Si l’on dézoome la situation, la pression immobilière apparaît surtout concentrée au cœur de la Région. Dans les zones urbaines élargies autour de Bruxelles, les loyers augmentent nettement moins vite, autour de 3 %, contre 13 % dans la Région bruxelloise entre 2011 et 2024. La dynamique est donc nettement plus forte dans la capitale que dans sa périphérie. Bruxelles reste également une ville très demandée, portée par les institutions européennes, les emplois et les déplacements quotidiens. Cette demande continue tire les prix vers le haut, les maintient à un niveau élevé et continue de creuser la crise du logement dans la Capitale.

 

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Camille Gnonsian – Photo : Belga Image

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