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“Université en colère” se mobilise lors de la manifestation nationale du 12 mai : “On est très inquiets”

Le mouvement inter-universitaire “Université en colère“, fort d’une cinquantaine de personnes, s’est rassemblé mardi matin place Rogier, à Bruxelles, en marge de la manifestation nationale. Le mouvement, qui représente les acteurs des universités francophones et néerlandophones du pays, appelle les universités à se mobiliser massivement contre la “politique d’austérité des gouvernements” fédéral et des entités fédérées.

“C’est important pour le collectif d’être présent à toutes les manifestations nationales qui ont lieu depuis le début de l’activité des gouvernements Arizona et Azur (le gouvernement de FWB, NDLR)”, a déclaré Ingrid Falque, chercheuse au FNRS, attachée à l’UCLouvain. “Ces deux gouvernements mettent à mal, par leurs réformes, les missions de service public des universités.”

■ Reportage de Valentine Rolus

Dans une note d’intention publiée la semaine dernière, le mouvement inter-universitaire “Université en colère” estime que les politiques menées par les gouvernements sont “une attaque frontale contre le fonctionnement des universités et contre leurs missions dans notre société.” “Il y a un discours chez certains politiques qui se développe, avec des attaques frontales contre l’université et les universitaires, contre la liberté académique, a dénoncé Ingrid Falque.

► Reportage | Manifestation nationale du 12 mai : entre 40.000 et 75.000 personnes ont battu le pavé bruxellois 

La question du minerval

Le collectif est revenu sur la hausse du minerval standard dans l’enseignement supérieur francophone, décriée ces dernières semaines lors de plusieurs mobilisations étudiantes. Son montant devrait passer à 1.194 euros, une mesure qui ne bénéficiera pas aux budgets des hautes écoles et des universités, mais à celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles, selon “Université en colère“.

L’augmentation du minerval pour les étudiants étrangers est également dans le viseur du mouvement, qui estime qu’elle pourrait réduire l’attractivité et l’accessibilité des universités belges.
Université en colère critique également la réforme des pensions, qui pénalisera surtout des femmes ainsi que les carrières interrompues ou précaires. Le collectif pointe que cette réforme entraînera une baisse significative du montant des pensions pour une partie du personnel.

► Reportage | Hausse du minerval : une cabine téléphonique à l’ULB pour “appeler” le cabinet Degryse

1,5 million d’euros en moins pour la recherche

Le collectif s’inquiète en outre de la situation du Fonds de la Recherche Scientifique (FRS-FNRS), rappelant que le gouvernement de la FWB a maintenu une réduction d’1,5 million d’euros de sa dotation jusqu’en 2029, soit l’équivalent d’une trentaine de bourses de doctorat selon le mouvement.

“Université en colère” réclame un refinancement durable de l’enseignement supérieur et de la recherche, le financement actuel ne suivant pas la hausse du nombre d’étudiants. Le mouvement demande également le retrait de plusieurs réformes touchant la recherche et défend la liberté académique, qu’il considère comme un pilier démocratique.

“Un refinancement de la recherche est absolument nécessaire pour garantir des carrières de qualité pour les chercheurs”, a déclaré Ingrid Falque, qui note un léger impact des mobilisations. “On constate que les votes des différentes mesures sont repoussés, donc la mobilisation dans les rues fonctionnent. Même si dans la communication, ce n’est pas le cas”, a-t-elle conclu.

Belga – Photo : BX1

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