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Les négociateurs bruxellois sont arrivés au conclave, valise à la main : “J’ai des affaires pour trois jours”

“Habemus… bientôt un gouvernement bruxellois” ? Plus de 600 jours après les élections régionales, les négociateurs tentent une nouvelle méthode. Avec le PS et Anders, et sans la N-VA.

La porte de la Fondation Universitaire, rue d’Egmont, s’est fermée à 10h30 ce mardi… et n’est sensée se rouvrir que lorsqu’un gouvernement bruxellois aura été formé. Les chefs de file du PS, des Engagés, de Groen, de Vooruit, d’Anders (ex-Open VLD) et du CD&V sont rassemblés à l’invitation du président du MR Georges-Louis Bouchez. Ils sont arrivés ce matin, valise à la main. “J’ai des affaires pour trois jours“, nous confie la négociatrice pour Vooruit, Ans Persoons, à son arrivée.

Dès l’ouverture du conclave, “les travaux s’articuleront autour d’un cadre budgétaire qui vise le retour à l’équilibre en 2029 ainsi que d’une note de politique générale devant mener à un futur accord de gouvernement“, a précisé le MR lundi

C’est la première fois qu’une double majorité – francophone et néerlandophone – se trouve autour de la même table depuis les élections régionales du 9 juin 2024, il y a 611 jours. De quoi donner des raisons d’espérer, mais certains blocages s’annoncent aussi difficiles à surmonter.

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Les raisons d’espérer…

Le principal obstacle a été levé par Anders, qui a accepté de prendre part aux discussions, malgré l’absence de la N-VA autour de la table. “Je n’ai pas forcément changé d’avis. Mais j’ai découvert que j’étais le dernier et le seul à encore vouloir la N-VA autour de la table“, explique Frédéric De Gucht au micro de La Première (RTBF). “Aucun des quatre partenaires de l’Arizona autour de la table à Bruxelles n’était prêt à utiliser son pouvoir pour essayer d’amener la N-VA à la table.”

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Ce qui a poussé les libéraux flamands à participer à ce conclave, c’est l’engagement d’un équilibre budgétaire en 2029. Plusieurs bases auraient aussi été établies en amont comme un “effet positif sur la fiscalité pour la classe moyenne” ainsi que des décisions en matières de sécurité et de propreté à Bruxelles. Selon De Gucht, il y a une “confiance renouvelée autour de la table” qui permet l’organisation de ce conclave. C’est Dirk De Smedt, le récent ministre bruxellois des Finances et du Budget, qui représentera le parti lors des négociations.

Ce déblocage du côté d’Anders en entraîne un autre : le PS accepte également de se joindre aux discussions, son veto contre la N-VA dans le gouvernement bruxellois étant respecté. À son arrivée ce matin, le président du PS bruxellois Ahmed Laaouej se montrait serein. “Les priorités des uns ne sont pas les priorités des autres, mais je pense que celles et ceux qui sont autour de la table aujourd’hui ont en commun l’intérêt des Bruxellois et des Bruxelloises et la défense de Bruxelles comme région à part entière”, déclare-t-il dans une pique à peine voilée à destination de la N-VA. “Pour le reste, on connait le contexte budgétaire actuel qui demande des efforts importants. L’équilibre budgétaire à dix ans n’est plus d’actualité. Je pense qu’on peut arriver à un équilibre budgétaire en 2029.”

… et de rester prudent

Si l’heure est à l’optimisme, rien ne dit en revanche que la méthode “conclave” fera ses preuves. À son arrivée ce matin, Dirk De Smedt a rappelé que le budget à l’équilibre en 2029 représentera “une ligne rouge” pour Anders.

Invitée dans Bonsoir Bruxelles ce lundi, la négociatrice néerlandophone Elke Van den Brandt (Groen) s’est montrée sceptique sur un équilibre budgétaire à atteindre en 2029. L’écologiste appelle à s’accorder sur “de vraies mesures, pas juste de l’air pour pouvoir dire qu’on va vers un équilibre budgétaire”.

Pour Vooruit, représenté par Ans Persoons, l’équilibre budgétaire en 2029 n’est pas non plus une nécessité. “Cela va être un exercice très difficile. C’est une exigence de Anders, mais on ne va pas se faire ‘extra mal’ si ce n’est pas nécessaire car on sait que ce sont les plus fragilisés qui vont en souffrir. On va donc voir jusqu’où on peut aller. Tout le monde a des lignes rouges, mais on doit trouver un compromis. Or, dans un compromis, tout le monde doit s’y retrouver, pas seulement Anders“, déclare-t-elle à notre micro.

Le ton est donné.

V.d.T. avec S.B. – Photos : Belga

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