“L’environnement risque d’être la variable d’ajustement”, Alain Maron s’inquiète du conclave budgtaire
Alors que sept partis se retrouvent ce mardi matin en conclave budgétaire, Ecolo n’en fait pas partie. Pour le ministre de l’Environnement, Alain Maron, c’est à la fois un “soulagement” et une source d’inquiétude. Il était l’invité de Bonjour Bruxelles.
Soulagement d’abord, parce qu’il se passe enfin “quelque chose”. Alain Maron rappelle qu’Ecolo demandait depuis longtemps l’ouverture d’un conclave, notamment après l’échec de la mission d’Yvan Verougstraete. Mais l’inquiétude domine, le ministre redoute que les politiques environnementales servent de variable d’ajustement dans les négociations, notamment en termes de mobilité. Seule dans ces négociations, la ministre Groen, Elke Van den Brandt devra, selon lui, “se battre” pour défendre une politique ambitieuse face aux partis qui voudraient réduire les moyens de la Stib.
Sur l’objectif d’équilibre budgétaire en 2029, avec un effort de plus d’un milliard d’euros, le ministre juge cela “possible”, mais au prix de certaines décisions douloureuses pour les Bruxelles. Il juge cette exigence excessive par rapport aux autres Régions.
“La pire route possible”
Autre dossier sensible : la route aérienne dite “Crucke”. Pour Alain Maron, c’est “la pire route possible” car elle survole les quartiers les plus densément peuplés de Bruxelles, parfois avec un avion toutes les 45 secondes. Selon des mesures de Bruxelles Environnement analysées par l’ULB, neuf avions sur dix dépassent les normes de bruit. Des amendes sont déjà envoyées aux compagnies, mais le ministre espère surtout que cette route ne deviendra pas définitive après octobre.
Enfin, concernant le permis environnemental de l’aéroport et son projet d’extension (qui prévoit un doublement des vols d’ici 2040), Alain Maron assume le recours introduit par Bruxelles. Il plaide pour un meilleur équilibre entre développement économique, santé et environnement, et critique le manque de concertation de la Flandre.
■ Interview d’Alain Maron (Ecolo), ministre de l’Environnement au micro de Fabrice Grosfilley