D’où vient l’eau du robinet que boivent les Bruxellois ?
En cette période de sécheresse, les regards se tournent naturellement vers les réserves d’eau potable, actuellement sous contrôle, mais sous pression. Captée principalement dans les nappes souterraines, mais aussi puisée dans la Meuse, l’eau distribuée à Bruxelles parcourt plusieurs kilomètres avant d’arriver à vos robinets. VIVAQUA exploite 26 sites de prélèvement d’eau et traite cette ressource avant de l’acheminer par un vaste réseau interconnecté.
Chaque jour, l’entreprise publique VIVAQUA distribue l’eau qui arrive au robinet des bruxellois. Cette eau doit être conforme à toutes les normes de potabilité imposées par les trois Régions et par l’Etat Fédéral. Ces normes sont d’ailleurs plus strictes que celles prescrites par l’Union européenne.
Une eau récupérée sous terre et dans la Meuse
Dans l’ensemble de sa production, VIVAQUA tire environ 70 % de son eau de réserves souterraines. Cette eau est puisée dans les nappes aquifères grâce à des galeries drainantes, des puits et des forages. Certaines galeries, creusées au cœur des nappes, peuvent atteindre plusieurs kilomètres et se trouver à plus de 60 mètres sous terre. Souvent naturellement pure, cette eau ne nécessite que peu ou pas de traitement.
L’entreprise exploite également la mine de Vedrin, près de Namur. Environ 22.000 m³ d’eau s’y infiltrent chaque jour avant d’être récupérés. En cas de forte demande, VIVAQUA peut aussi mobiliser des captages de réserve situés dans d’anciennes carrières.
La seconde grande source d’approvisionnement est la Meuse. À l’usine de Tailfer, située en province de Namur, l’eau brute du fleuve est transformée en eau potable au terme d’un traitement complexe. Ce site, seul captage d’eau de surface de VIVAQUA, assure environ 29 % de la production totale de l’entreprise et possède sa plus grande capacité de production.
Un voyage de plusieurs kilomètres jusqu’à Bruxelles
Une fois captée et, si nécessaire, traitée, l’eau rejoint les réservoirs de VIVAQUA par un réseau de production d’environ 500 kilomètres. Celui-ci comprend notamment des aqueducs, des conduites d’adduction, des réservoirs et une tour d’équilibre.
Ce réseau est interconnecté. L’eau provenant de différents sites peut ainsi être répartie entre les réservoirs en fonction des besoins et des prévisions de consommation. Ce système permet également de maintenir l’approvisionnement lorsqu’un incident affecte une partie du réseau. Il n’est donc pas toujours possible d’attribuer l’eau d’un robinet bruxellois à un seul captage.

Une qualité inspectée au peigne fin
L’origine de l’eau détermine le traitement qu’elle doit recevoir. Par exemple, l’eau souterraine, généralement protégée par les couches du sol, demande souvent moins de traitement. L’eau puisée dans la Meuse doit, quant à elle, passer par un processus de potabilisation plus poussé avant de pouvoir être consommée.
L’eau est ensuite surveillée à chaque étape de son parcours, de la production à la distribution. Le dispatching central de VIVAQUA contrôle en permanence les captages et le réseau d’adduction. Un système de supervision permet de détecter d’éventuelles anomalies touchant la qualité de l’eau ou les équipements.
Plus de 65 paramètres microbiologiques, chimiques, radiochimiques et indicateurs sont contrôlés. l’entreprise publique bruxelloise recherche notamment la présence éventuelle de métaux, de pesticides, d’hydrocarbures, de solvants et de résidus de médicaments. Les Bruxellois peuvent également consulter la qualité de l’eau distribuée dans leur rue sur le site de l’entreprise.
Une ressource essentielle
Avant d’arriver dans un verre, l’eau du robinet a donc effectué un long parcours, depuis les nappes souterraines ou la Meuse jusqu’aux réservoirs et aux canalisations bruxelloises. Son approvisionnement repose sur la diversité des captages et sur un réseau conçu pour répondre aux variations de la consommation.
Cette eau reste néanmoins une ressource naturelle à utiliser raisonnablement, particulièrement pendant les épisodes de sécheresse. Bruxelles est placée en vigilance jaune depuis le 22 juillet 2026 et les autorités recommandent de reporter les usages non indispensables, comme l’arrosage des pelouses, le lavage des voitures ou le remplissage des piscines.
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La Société wallonne de distribution d’eau (SWDE) a d’ailleurs mis sous surveillance renforcée plusieurs communes. Cependant, pour l’instant, la distribution d’eau potable reste assurée et aucune restriction d’usage n’est encore entrée en vigueur. Vivaqua a dû demander une dérogation pour Tailfer, sur la Meuse, pour préserver ses captages de réserve.
Limiter le gaspillage ne signifie toutefois pas boire moins. En période de vague de chaleur, l’hydratation reste essentielle. Alors que l’eau parcourt parfois des dizaines de kilomètres pour atteindre les robinets bruxellois, le dernier trajet est le plus simple, mais aussi le plus important : du robinet jusqu’au verre.
David Mvano (st.) – Photo : Belga