Philippe Close: “Nous devons lancer des politiques structurelles, l’urgence climatique est passée au second plan”
Philippe Close était l’invité de Bonjour Bruxelles ce mercredi.
La chaleur sera étouffante ce mercredi avec des températures pouvant atteindre 37°C. La Belgique est confrontée depuis plusieurs jours à un épisode caniculaire particulièrement intense. Pour Philippe Close, bourgmestre de la Ville de Bruxelles, cette situation rappelle l’urgence d’agir face au dérèglement climatique. “Il faut des politiques structurelles”, affirme-t-il d’emblée. “L’urgence climatique est passée au second plan.”
“Cela doit redevenir une urgence nationale”
Comment remettre cette question au centre du débat politique ? Pour le bourgmestre socialiste, les solutions existent, mais elles nécessitent une volonté politique forte. “À Bruxelles, nous avons un plan que nous essayons de mettre en œuvre, notamment à travers la rénovation des bâtiments et la création ou la récupération d’espaces verts. Mais cela doit redevenir une urgence nationale. Aujourd’hui, le gouvernement ne parvient même pas à se réunir sur ces questions. Dans de nombreuses villes européennes, le climat est un sujet majeur. Chez nous, il disparaît du débat public avant de ressurgir trois ou quatre ans plus tard.”
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Face aux températures extrêmes, la Ville de Bruxelles a activé son plan canicule. “Les citoyens peuvent s’inscrire via le numéro gratuit 0800 35 550. Quelqu’un passera alors à leur domicile pour s’assurer que tout va bien. Cette initiative existe depuis 2004, après la canicule meurtrière qui avait frappé la France. Nous poursuivrons également la distribution de bouteilles d’eau aux personnes sans abri dans les prochains jours.”
La Ville met aussi à disposition une carte des îlots de fraîcheur, qui répertorie les fontaines, points d’eau et espaces permettant de se rafraîchir. “Plusieurs partenaires permettent également aux citoyens de remplir gratuitement leurs gourdes”, souligne-t-il.
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La “négation” de Theo Francken
Philippe Close est également revenu sur un message publié par Theo Francken sur les réseaux sociaux : “Il fait chaud deux jours et on dirait qu’on va tous mourir à nouveau. Mon Dieu, ces journalistes, où vont-ils encore chercher ça ?”
Une sortie qui a fortement agacé le bourgmestre de Bruxelles. “Ce n’était même plus du climatoscepticisme, c’était de la négation”, estime-t-il. “Ce qui me révolte, c’est que ce sont toujours les personnes les plus précaires qui souffrent le plus de ces épisodes de chaleur. Les ménages les plus aisés ont les moyens d’acheter du matériel pour se protéger. Aujourd’hui, nous avons besoin d’un véritable plan Marshall du climat, notamment pour isoler les bâtiments.”
Pour lui, les conséquences du dérèglement climatique sont avant tout une question de justice sociale. “On peut mourir de froid en hiver et de chaud en été. La crise climatique touche toujours les plus vulnérables. C’est le drame de ce type de crise.”
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La climatisation n’est pas la solution miracle
Face à la multiplication des épisodes de chaleur extrême, la climatisation pourrait-elle devenir incontournable à Bruxelles ? “Non”, répond immédiatement Philippe Close. “L’isolation des bâtiments doit rester la priorité. La climatisation consomme énormément d’énergie et contribue elle-même au réchauffement climatique. D’autres solutions existent.”
Le bourgmestre cite notamment l’exemple de Brucity, le centre administratif de la Ville de Bruxelles. “Nous avons misé sur la géothermie et sur un bâtiment capable de s’autoréguler en grande partie. Il est possible de s’adapter au changement climatique tout en conservant une bonne qualité de vie.”
Pour lui, Bruxelles doit s’inspirer de solutions déjà utilisées dans d’autres régions du monde. “Les pays du sud utilisent depuis longtemps des dispositifs simples, comme les volets, pour limiter la chaleur. Nous devons nous en inspirer. Mais surtout, nous devons continuer à agir pour faire baisser les températures à plus long terme.”
- Une interview de Philippe Close par Fabrice Grosfilley dans Bonjour Bruxelles