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Jusqu’à 36°C annoncés: comment affronter la chaleur à Bruxelles ?

Alors que l’été s’installe, Bruxelles se prépare à plusieurs jours de chaleur intense. Le pays entier est placé en alerte jaune à la chaleur avec des températures qui devraient dépasser les 30°C pendant plusieurs jours, et jusqu’à 36°C annoncés ce vendredi. La phase d’avertissement du plan “forte chaleur et pics d’ozone” a également été activée sur base des prévisions de l’Institut royal météorologique (IRM). Parcs, points d’eau, piscines et conseils pratiques pour rester au frais : voici un guide pour “survivre” à la canicule dans la capitale.

Quand la chaleur tombe sur Bruxelles, l’air peut vite devenir irrespirable. Et surtout, les températures ne se répartissent pas de manière égale. Au centre de la Région, elles sont en moyenne 3°C plus élevées qu’en zone rurale en été, selon Bruxelles Environnement. Ce déséquilibre porte un nom : l’îlot de chaleur urbain. La ville absorbe et retient la chaleur dans les surfaces bétonnées et bitumées, tandis que la végétation, plus présente en périphérie, rafraîchit l’air ailleurs. À Bruxelles, cela se traduit par un chiffre très concret :  il y a trois fois plus de périodes de fortes chaleurs dans le centre que dans les zones rurales.

Quand ces épisodes s’installent, on parle de canicule. Dans une ville comme Bruxelles, elles peuvent être accentuées par l’urbanisation et la pollution de l’air avec des effets directs sur la santé. Antoine Crahay, urbaniste au bureau Citytools, expliquait au micro de BX1 : “Dans les villes, ces pics de chaleur ont des conséquences sociales et sanitaires. Les gens n’ont pas de jardin et sont donc très souvent exposés, ce qui conduit à une surmortalité. Il y a vraiment un enjeu de santé publique à faire en sorte de rafraîchir le tissu urbain et de préserver les espaces de fraîcheur dans les villes.”

Alors dans cette ville contrastée, une question s’impose : comment survivre aux canicules dans la capitale ? Voici notre guide pour affronter la chaleur à Bruxelles.

► Reportage | Bruxelles sous 35 degrés : ce que disent les experts de l’IRM

Où trouver de l’ombre en ville ?

Durant les périodes de fortes chaleurs, les parcs et les bois deviennent souvent nos meilleurs amis. Ce ne sont plus seulement des lieux de promenade, mais de véritables bulles de fraîcheur au cœur de la capitale qui suffoque. En période de canicule, l’ombre des arbres coupe directement l’exposition au soleil et la végétation rafraîchit naturellement l’air. Les sols, eux, retiennent beaucoup moins la chaleur que le béton ou l’asphalte des rues.

Bois de la Cambre, parc de Woluwe, forêt de Soignes… voici une liste non exhaustive d’une trentaine de parcs recensés grâce à Bruxelles Environnement et Visit Brussels, répartis dans toute la Région bruxelloise.

Où se baigner à Bruxelles ?

Outre les balades champêtres, nager peut également être un bon moyen de se rafraîchir. À Bruxelles, il faut d’abord oublier l’idée classique de la grande piscine extérieure ouverte tout l’été. La capitale ne dispose plus de bassin en plein air depuis la fermeture de la piscine Flow à Anderlecht en mai 2025. Cela ne veut toutefois pas dire qu’il n’existe pas d’alternatives. Certaines piscines couvertes proposent des espaces extérieurs ou des solariums, où l’on peut s’allonger au soleil après une baignade : la piscine Sportcity à Woluwe-Saint-Pierre, la piscine de Neder-Over-Heembeek, la piscine Calypso 2000 à Watermael-Boitsfort et la piscine Longchamp à Uccle. D’autres lieux combinent bassins semi-couverts, zones de détente ou jeux d’eau. Voici la liste des 15 piscines publiques qui pourront vous accueillir cet été à Bruxelles.

Où remplir sa gourde ?

Après la baignade, place à l’hydratation. Boire de l’eau paraît être une évidence. Pourtant, lorsqu’une canicule s’installe, trouver un point d’eau n’est pas toujours aussi simple. Le réflexe de s’hydrater devient même un enjeu de santé publique, surtout pour les personnes qui vivent ou passent beaucoup de temps à l’extérieur. Dans la capitale, des fontaines d’eau potable gratuites sont pourtant accessibles à tous. Encore faut-il savoir où elles se trouvent.

Bruxelles compte près de 60 points d’eau recensés par l’ASBL Infirmiers de rue en collaboration avec la Ville de Bruxelles. La répartition de ces infrastructures reste toutefois inégale. Dans huit communes bruxelloises (Anderlecht, Etterbeek, Evere, Forest, Ganshoren, Ixelles, Koekelberg et Watermael-Boitsfort), trouver un point d’eau potable peut s’avérer être un véritable casse-tête.

Les bons réflexes à adopter

Les périodes de fortes chaleurs ne viennent jamais seules. Elles s’accompagnent souvent d’un autre phénomène moins visible mais bien réel : les pics d’ozone. Concrètement, l’air devient plus lourd et plus irritant. Les premiers à le ressentir sont souvent les mêmes : les personnes âgées, les jeunes enfants, les personnes malades ou isolées. Selon Bruxelles Environnement, on peut ressentir des difficultés respiratoires, des irritations des yeux, des maux de tête et de gorge, mais également des crampes de chaleur et évidemment de la déshydratation.

Pour limiter les risques, plusieurs réflexes sont recommandés. Il est d’abord conseillé de boire de l’eau régulièrement tout au long de la journée, sans attendre d’avoir soif. Il est également important d’éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes, généralement entre 12h et 16h. À la maison, Bruxelles Environnement recommande de garder les logements aussi frais que possible en fermant les volets et les rideaux pendant la journée, afin de limiter l’entrée de chaleur. L’aération est à privilégier la nuit ou tôt le matin, lorsque l’air est plus frais.

En cas de symptômes inquiétants ou de malaise, il est recommandé de contacter un médecin ou les services d’urgence (100 ou 112) sans attendre.

► Reportage | Une chaleur accablante mais des différences entre les quartiers

Bruxelles prête à affronter l’été ?

Si l’on pourrait penser que les Bruxellois sont prêts à affronter l’été, Brulocalis, l’association des villes et communes de Bruxelles, met néanmoins en garde : “Bruxelles n’est pas prête face aux conséquences du changement climatique”. Sur base d’un rapport du Centre d’analyse des risques du changement climatique (CERAC), l’association alertait il y a déjà un an sur l’intensification des canicules, des inondations et de leurs impacts sanitaires et économiques. À Bruxelles, les vagues de chaleur inquiètent particulièrement : l’effet d’îlot de chaleur urbain pourrait faire grimper les températures  “jusqu’à dix degrés de plus par rapport à la périphérie “, notamment dans les quartiers les plus denses et les plus précaires.

Au-delà de l’enjeu de santé publique, les conséquences sont aussi financières pour les pouvoirs locaux : “Dans un contexte où les budgets communaux sont déjà contraints, la perspective d’avoir à combler des manques d’assurance révèle un risque financier considérable pour les citoyens et pour les collectivités elles-mêmes”, met en garde Brulocalis. “Les communes sont en première ligne face aux impacts concrets du changement climatique et elles doivent pouvoir compter sur une reconnaissance accrue de leur rôle dans les politiques climatiques, ainsi que sur des moyens humains et financiers renforcés pour anticiper, protéger et accompagner les populations.”

Camille Gnonsian – Photo : Belga Image

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