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Visites domiciliaires : “Une ‘menace à l’ordre public’ c’est quelque chose d’évanescent”, dénonce Khalil Aouasti (PS)

Visites domiciliaires, foyer anderlechtois, violences policières… le député fédéral PS Khalil Aouasti est revenu sur plusieurs sujets brûlants de l’actualité. 

Le projet de loi autorisant les visites domiciliaires est examiné, depuis ce mardi 16 juin 2026. La ministre Anneleen Van Bossuyt a assuré que ces visites seraient bien encadrées : elles seront possibles à la demande d’un juge d’instruction pour les personnes qui présenteraient une menace à l’ordre public.

Pour Khalil Aouasti, le projet de loi “pose un problème fondamental car la solidarité devient un délit et ça c’est une ligne rouge pour le parti socialiste”.

Selon le député fédéral, “la magistrature n’a pas la même interprétation que Mme Van Bossuyt, les ordres d’avocat non plus. Certaines associations n’ont pas la même interprétation non plus.”

“Interprétation politique d’un texte juridique”

Khalil Aouasti assure dès lors que les explications Anneleen Van Bossuyt est une “interprétation politique d’un texte juridique”. Selon lui, il est affirmé par la majorité que ce texte est “uniquement pour des violeurs, des terroristes, des narcotraficants. Mais aujourd’hui, dans notre système, il existe déjà un mandat de perquisition. Après une enquête de police demandée par un procureur du roi, un juge d’instruction peut déjà demander à entrer au domicile des gens s’ils sont dans le cadre de cette enquête. Et qu’on soit Belge ou étranger en séjour régulier ou irrégulier, rien n’empêche un mandat de perquisition”.

Selon le député fédéral PS, ce texte aura d’autres objectifs que celui annoncé. Cela servirait-il à arrêter des personnes en situation irrégulière qu’on va expulser sans qu’ils représentent une menace à l’ordre public ? “C’est la crainte”, dit-il, car “une menace à l’ordre public c’est quelque chose d’evanescent. Tout le monde s’accorde à dire que la définition n’est pas précise. Même le président des Engagés Yvan Verougstraete admet que la notion est imprécise”.

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L’opposition souhaite entendre des membres de la société civile sur le dossier. “On souhaite entendre Myria, le Ciré, la ligue des droits humains, l’ordre des avocats”, liste-t-il.

Khalil Aouasti tient à noter que sur le sujet, “soit on parle de criminalité et délinquance, soit on parle de séjour. Mais on ne peut pas fusionner les deux débats.” Et ajoute qu’aujourd’hui, “il y a 100.000 sans papiers qui ne sont pas des criminels, qui travaillent, font des ménages. On peut aussi parler de régularisation pour inclure les gens dans la société.”

“Asservissement du juge d’instruction”

Selon lui, ce projet de lui est tout simplement un “asservissement du juge d’instruction”. Car, dit-il, “aujourd’hui c’est le juge d’instruction qui demande à la police de faire une enquête. Là ce sera la police qui demandera au juge d’instruction de mettre un tampon pour valider la visite.”

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Le député fédéral est également revenu sur la question des violences policières en marge des manifestations pour l’enseignement. Il assure : “On a vu des violences policières, il faut demander des comptes à la police. Ce n’est pas pour jeter l’opprobre sur la police mais il y a des brebis galeuses et il faut pouvoir les expulser.” Selon lui, “ces agents ne servent pas le public et n’ont rien à faire dans un corps policier.”

Il ajoute que “la manifestation est un droit. L’image la plus forte que j’ai vu ce sont des professeurs qui doivent faire une chaîne humaine pour séparer des policiers et des élèves. Cette image est pour moi inadmissible.”

Khalil Aouasti est également revenu sur la commission d’enquête autour des soupçons d’irrégularité au Foyer anderlechtois. Lofti Mostafa (PS) ne devrait-il se retirer? “A ce jour, je n’ai pas d’élément pour dire que quelqu’un doit faire un pas de côté”, assure Khalil Aouasti.

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