Aller au contenu principal
BX1

Trois hommes écopent de 30 mois à cinq ans de prison pour un enlèvement à Saint-Gilles

Trois hommes, reconnus coupables d’un enlèvement survenu en mai 2024 dans la commune bruxelloise de Saint-Gilles, ont été condamnés mardi par la cour d’appel de Bruxelles à des peines de prison allant de 30 mois à cinq ans avec sursis. L’enlèvement aurait eu lieu en représailles à une escroquerie à la transaction dans le milieu de la drogue, bien que les trois suspects nient toute implication.

Les faits avaient eu lieu dans la nuit du 14 au 15 mai 2024, rue Joseph Claes. Un témoin avait appelé la police après avoir vu une personne se faire entraîner de force dans un véhicule. Il s’est avéré que celui-ci appartenait à un homme originaire de Malines, Y.

La même nuit, la police maritime d’Anvers avait reçu un rapport provenant d’Allemagne et faisant état d’une possible prise d’otages. Un journaliste y indiquait qu’un ami avait été enlevé et qu’une demande de rançon avait été formulée. Des photos et une vidéo montrant la victime menacée avec un chalumeau avaient été diffusées.

Une perquisition au domicile de Y. avait permis de trouver un chalumeau identique et le revêtement du sol de la maison était le même que celui visible sur les images envoyées par les ravisseurs.
Selon le parquet, les investigations téléphoniques ont montré que Y., son frère cadet, ainsi qu’un troisième suspect C. étaient impliqués dans les infractions. Le trio aurait enlevé la victime pour se venger et obtenir une compensation après que celle-ci a volé cinq kilogrammes de cocaïne.

►Lire aussi | Décès d’Otmane Souieh : personne n’est intervenu pour aider la victime, confirme un témoin

La victime a été identifiée et retrouvée aux Pays-Bas, mais s’est montrée très réticente à témoigner. Au cours de l’enquête, l’homme n’a guère coopéré, mais lors de l’examen du dossier par le tribunal correctionnel, il s’est soudainement présenté pour faire une déposition.

J’étais à Bruxelles quand je me suis disputé avec deux hommes dans une BMW noire immatriculée aux Pays-Bas, qui m’ont agressé et frappé parce qu’ils prétendaient que je leur avais volé de l’argent”, a-t-il déclaré. “L’aîné des frères Y. est alors intervenu et m’a emmené pour me rassurer. Nous nous sommes d’abord rendus dans un bar chic à Vilvoorde, puis chez lui à Malines. J’y suis resté un certain temps, mais les hommes de la BMW noire continuaient à me contacter et à me menacer, me disant que je devais déclarer à la police que j’avais été agressé à Malines, et non à Bruxelles. Au bout de deux jours, j’ai demandé à l’aîné des frères Y. de m’emmener à la gare pour pouvoir rentrer aux Pays-Bas“.

La défense des trois prévenus a estimé que cette déclaration constituait un motif suffisant pour demander l’acquittement, mais a également fait valoir que l’enquête avait été menée de manière déficiente. “Plusieurs pistes n’ont pas été explorées, notamment celle de la BMW noire. Les témoignages concernant la bagarre divergent également, tout comme les déclarations faites par la victime. Cette dernière n’a d’ailleurs pas souhaité examiner des photos de suspects potentiels pour voir s’il reconnaissait quelqu’un. La police n’a d’ailleurs pu identifier cette victime que parce que mon client leur a donné son nom. Pourquoi aurait-il fait cela s’il l’avait enlevé et torturé ?“, a questionné l’avocat de la défense.

On a également trouvé dans le smartphone de la victime un message audio datant de peu avant les faits, dans lequel il donne rendez-vous à Malines, ainsi qu’un autre message postérieur aux faits dans lequel il évoque une BMW noire avec une plaque d’immatriculation néerlandaise“, ajoute la défense. “Aucune enquête n’a été menée sur cette prétendue transaction de drogue, pas plus que sur l’homme qui a appelé la police depuis l’Allemagne. Celui-ci affirmait disposer de photos et d’une vidéo, mais ne les a jamais remises à la police. Qui est cet homme et quel est son rôle dans cette affaire ? Cela non plus n’a jamais fait l’objet d’une enquête“.

L’année dernière, les arguments de la défense n’avaient pas convaincu le tribunal correctionnel, qui a déclaré tous les faits avérés et a condamné l’aîné des frères Y. à six ans de prison, et les deux autres prévenus à quatre ans de prison chacun.

Les trois prévenus ont fait appel, mais ont également été reconnus coupables par la cour d’appel mardi. La cour d’appel s’est toutefois montrée plus clémente : l’aîné des frères Y. a cette fois été condamné à cinq ans de prison, et les deux autres prévenus à respectivement trois ans et trente mois. Toutes les peines ont en outre été assorties d’un sursis.

Belga

BX1
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Plus d'informations sur nos mentions légales