Délai trop court, Lotfi Mostefa et gouvernement en crise : Loubna Azghoud répond aux critiques à propos de la la commission d’enquête parlementaire
Loubna Azghoud était l’invitée de Bonjour Bruxelles et a répondu aux questions de Fabrice Grosfilley ce mardi matin.
Quelques minutes avant elle, Nadia Kammachi avait vivement critiqué dans Bonjour Bruxelles le calendrier de la commission d’enquête parlementaire consacrée au dossier du Foyer Anderlechtois. Un avis que ne partage pas Loubna Azghoud, cheffe de groupe MR au Parlement bruxellois. “Le rythme sera très soutenu”, assure la députée libérale. Pour rappel, cette commission doit s’étendre sur sept semaines. À titre de comparaison, celle consacrée au Samusocial avait duré six mois. “Nous aurons trois réunions par semaine, parfois même en soirée ou le samedi. La commission sur le Métro 3, qui s’est étalée sur plus de huit mois, s’est réunie 25 fois. Si nous tenons le rythme prévu, nous atteindrons 18 réunions. Je pense que cela permettra d’examiner le dossier en profondeur.”
Pour certains observateurs, le MR aurait cédé aux pressions du PS en acceptant une commission réduite et vidée de sa substance. Une analyse que rejette Loubna Azghoud. “Je le répète : ce n’est pas une commission rikiki. Certes, elle travaillera dans des délais serrés, mais elle le fera avec sérieux. Notre rôle de parlementaires n’est pas de nous substituer à la justice. L’objectif est de formuler des recommandations afin de réformer le système. Et le MR se réserve la possibilité de demander une prolongation si cela s’avère nécessaire.”
Qui sera entendu dans la commission ?
Reste désormais à déterminer qui sera entendu dans le cadre de cette commission. Alors qu’il en avait lui-même exprimé le souhait, Lotfi Mostefa n’a toujours pas été auditionné. “Il souhaitait s’exprimer devant la commission Logement, mais ce n’était pas le cadre adéquat. Dans une commission d’enquête, il pourra être entendu sous serment.” Comme devant un juge d’instruction donc. Il ne sera toutefois pas le seul concerné. “Les membres du conseil d’administration, la SLRB ainsi que l’ensemble de la chaîne de décision devront être entendus afin d’identifier les éventuelles failles du système. Nous devons aux Bruxellois de la transparence et de la confiance.”
À ce stade, aucune liste définitive des personnes auditionnées n’a encore été arrêtée. On ignore donc notamment si l’ancienne collaboratrice de Lotfi Mostefa, mise en avant dans le reportage de Pano, sera appelée à témoigner. “L’idée est d’offrir un cadre sécurisé à toutes les personnes qui souhaitent témoigner, à charge comme à décharge.”
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La décision de retirer du mandat de la commission l’examen des éventuelles ingérences dans les procédures d’attribution de logements à des fins personnelles ou politiques suscite également de nombreuses critiques. Pour certains, il s’agit pourtant du cœur du dossier.
“Dans le texte adopté, nous avons conservé toute l’analyse du processus décisionnel et des mécanismes d’attribution. Le fait de retirer ce passage ne signifie pas que nous ne parlerons pas du reportage de la VRT que tout le monde a vu. Mais Pano n’est pas un audit de la Cour des comptes. Je rappelle qu’une enquête judiciaire est en cours et que chacun doit pouvoir exercer son rôle.”
Cette affaire a également provoqué des remous au sein de la majorité bruxelloise, notamment du côté du PS, qui a laissé entendre qu’il pourrait retrouver davantage de liberté sur certains votes.
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“Ce n’était pas l’objectif lorsque nous avons signé l’accord du 14 février. Il est préférable de déposer un texte de majorité avec Anders plutôt qu’un texte soutenu par l’opposition. Cela aurait créé des majorités alternatives et nous ne le souhaitions pas. Après de longues discussions, nous avons réussi à préserver l’unité de la majorité.”
Le gouvernement a-t-il frôlé la crise ? “Non”, tranche-t-elle.
- Un interview de Loubna Azghoud par Fabrice Grosfilley dans Bonjour Bruxelles.