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Le syndicat libéral CGSLB devient le syndicat libre SYNOVA

Ne dites plus syndicat libéral, mais “syndicat libre”. Ne dites plus “CGSLB” en français, ou “ACLVB” en néerlandais, mais “SYNOVA” dans les deux langues. Tels sont les grands changements annoncés ce samedi au congrès de la désormais ex-Centrale générale des syndicats libéraux de Belgique, troisième plus grande organisation syndicale représentative du pays.

SYNOVA entend opter “pour un syndicalisme moderne”, a déclaré son président, Gert Truyens. “Pour nous, les grèves et les manifestations constituent l’ultime recours.”

C’est ainsi qu’après 130 ans, le mot “libéral” disparaît du nom du syndicat. “Ce terme ne correspondait plus à la réalité depuis longtemps”, selon Geert Truyens. “Le syndicat libéral était sans cesse associé aux partis libéraux (MR au sud du pays, Anders au nord, NDLR), mais nous n’avons plus aucun lien avec eux depuis longtemps.”

Ce nouveau nom – une combinaison du grec syn- (ensemble) et du latin -nova (nouveau) – est le point d’orgue d’un processus de renouveau engagé depuis des années. Le syndicat souhaite promouvoir une “vision libre et une voix qui lui est propre”.

“Beaucoup de gens ne veulent plus s’identifier aux grèves. Pour être honnête, je suis moi-même effrayé de voir les aéroports systématiquement paralysés lors des grèves. Nous voulons donner une voix à la masse silencieuse, non pas en défilant de Bruxelles-Nord à Bruxelles-Midi, mais en proposant une autre façon de travailler”, selon le président syndical.

Cette approche alternative consiste à proposer des solutions, explique-t-il. Gert Truyens prend l’exemple de l’augmentation des chèques-repas autorisée même en l’absence de marge salariale. “C’était notre proposition.” Les ouvertures le dimanche en sont un autre exemple. “Moi aussi, il m’arrive de faire mes courses le dimanche. La société évolue. Certains salariés souhaitent s’adapter à cette évolution. En discuter est une meilleure solution que de faire grève pendant des semaines.”

Dès lors, “nous chercherons à rester à la table des négociations aussi longtemps que possible”. Pour autant, “si les dossiers sont vraiment lourds de conséquences, les gens doivent avoir la liberté de descendre dans la rue. Mais quand nous descendrons dans la rue, c’est qu’il n’y aura plus aucune autre possibilité.”

Le président de SYNOVA n’y voit pas une rupture au sein du banc syndical. “Mais nous ne sommes plus des Calimero. Nous avons joué ce rôle bien trop longtemps en courant derrière les autres syndicats, nous qui sommes le plus petit des trois. Nous sommes un syndicat libre, indépendant des autres.”

Gert Truyens aurait même souhaité aller plus loin dans la modernisation en supprimant “syndicat” de la dénomination. Mais un sondage auprès des membres a montré que cette idée n’était pas soutenue.

SYNOVA revendique aujourd’hui 310.000 membres, derrière la CSC (chrétien) et la FGTB (socialiste).

Belga

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