Une taxe communale “anti fast-food” à Anderlecht : “Elle est discriminatoire et mal ciblée”
Les représentants du secteur de la restauration rapide s’opposent à une nouvelle taxe instaurée par la commune d’Anderlecht. Un recours devant le Conseil d’Etat a été introduit. Quant aux commerçants rencontrés sur place, ils doutent de l’efficacité de la mesure.
■ Reportage de Léa Dubuc et Romain Vandenheuvel
La nouvelle taxe qui vise les établissements de restauration rapide à Anderlecht suscite l’opposition du secteur. La commune a décidé de taxer toute nouvelle enseigne de restauration rapide à 12 000 euros lors de son ouverture. Ce montant sera ensuite indexé de 3 % par an jusqu’à la fin de la législature, en 2031. Les friteries et snacks sont soumis à une taxe moins élevée, fixée à 7 000 euros.
Pour la fédération du commerce et des services Comeos, qui a introduit un recours devant le Conseil d’Etat, la mesure est discriminatoire : “C’est une taxe mal ciblée parce qu’on pense viser des grandes enseignes internationales, mais en fait on cible des franchisés locaux. Par ailleurs, il n’y aura pas d’impact sur la santé. C’est surtout un modèle économique qui est ciblé et une façon de remplir rapidement les caisses de la commune”
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De son côté, la commune rejette toute accusation de manœuvre budgétaire. Selon elle, la taxe vise surtout à limiter l’implantation de fast-foods à proximité des écoles. “Pour les jeunes de 15 à 17 ans, c’est la facilité. Ils n’ont parfois pas envie de prendre leur boîte à tartines pour aller chercher un snack”, explique Halina Benmrha (MR), échevine en charge du développement économique.
Des commerçants sceptiques
Sur le terrain, certains restaurateurs doutent de l’efficacité de la mesure. “S’ils veulent éviter les conséquences de la malbouffe, il faudrait diminuer le nombre de calories dans les burgers ou utiliser des ingrédients plus sains. Mais nous faire payer plus ne changera rien”, nous confie un vendeur de durum.
Anderlecht n’est pas la première commune bruxelloise à mettre en place ce type de taxe. À Auderghem, une taxe similaire existe déjà pour les nouvelles implantations de fast-foods. Elle s’élève à 10 000 euros à l’ouverture, puis 12 000 euros par an. Le montant est doublé si l’établissement est situé à moins de 100 mètres d’une école.
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BX1 – Photo : Belga