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Molenbeek : l’enseignant mis à pied pour une caricature de Mahomet conteste la décision devant le Conseil d’État

Écarté en octobre dernier après avoir montré des caricatures de Mahomet dessinées par Charlie Hebdo, un professeur de 5e et de 6e primaire de l’école n°11 de Molenbeek a décidé de passer devant le Conseil d’État pour contester cette décision, annonce Le Vif.

Le 22 octobre, un professeur de philosophie et de citoyenneté avait montré à une classe de 5e primaire de l’école n°11 « Aux sources du gai de savoir » de Molenbeek un dessin de Coco, de Charlie Hebdo, montrant le prophète Mahomet nu avec la légende « Une étoile est née ». Le professeur avait montré cette caricature suite à une discussion autour de la terrible mort du professeur d’histoire-géographie de Conflans-Saint-Honorine, Samuel Paty.

Selon Le Vif et la DH, ce cours avait choqué au moins un élève, qui avait fait part de ses sentiments à sa mère, qui les a transmis à l’école. Après une enquête avec les élèves qui ont suivi le cours du professeur, le directeur de l’école n°11 avait demandé à l’enseignant de ne pas se présenter à l’école mais de se rendre à l’administration communale. Le pouvoir organisateur, en l’occurrence la commune de Molenbeek, a alors signifié à l’enseignant son écartement. Une décision qui avait mené à plusieurs réactions politiques, s’interrogeant sur une telle suspension suite à l’affichage de caricature en cours.

“Une erreur d’appréciation”

Le professeur a depuis lors déposé un recours en annulation auprès du Conseil d’État, rapporte Le Vif. L’avocat de l’enseignant, Me Jean Bourtembourg, estime tout d’abord que la directrice du département Éducation de la commune de Molenbeek ne pouvait pas décider de l’écartement, car cette décision doit émaner du collège communal. En outre, l’avocat estime que la décision est une « erreur manifeste d’appréciation » et « un excès de pouvoir ».

Le collège molenbeekois affirme pour sa part que la manière de traiter ce sujet d’actualité était « trop directe » et que le professeur avait « agi dans l’improvisation », avec des éléments pédagogiques « conçus pour des élèves plus âgés ».

Au-delà de ce recours devant le Conseil d’État, le collège communal doit encore recevoir le professeur concerné le 17 décembre prochain. Le Vif affirme que ce dernier devrait être « changé d’école et placé sous la tutelle d’un autre enseignant ».

Gr.I. – Photo : D.R.

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11 décembre 2020 - 13h44
Modifié le 11 décembre 2020 - 13h45