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Rue de la Loi : le MR tente de forcer la porte à Bruxelles, PS et Ecolo le refusent

Elle est remontée Laurette Onkelinx. Elle se dit même « très choquée » lorsqu’elle arrive à l’entrée du Parlement bruxellois. L’idée que le MR se serve des « réunions exploratoires «  désormais lancées en Wallonie pour revendiquer une place dans le prochain gouvernement bruxellois fait sortir la cheffe de file du PS bruxellois de ses gonds : « Bruxelles est une région à part entière, commencer à faire des déclarations pour y entrer, comme si Bruxelles était une monnaie d’échange pour d’autres niveaux de pouvoir, ou un distributeur automatique de postes, c’est quoi cela ? ».

Le ton est cinglant et ferme. La déclaration intervient quelques minutes après que Didier Reynders, en arrivant au conseil des ministres, ou Pierre-Yves Jeholet  en radio le matin, aient à nouveau plaidé pour une « cohérence politique » entre Bruxelles et la Wallonie.  Selon nos informations, cette demande de pouvoir d’entrer dans des négociations bruxelloises a bien été formulée dès hier au plus haut niveau (comprenez dans la réunion entre Elio Di Rupo, Charles Michel et Jean-Marc Nollet organisée au siège du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles) , les libéraux indiquant qu’ils ne demandaient pas à renégocier l’accord bruxellois et plaidant pour une vue d’ensemble des postes à répartir (comprenez qu’en échange d’un secrétariat d’Etat à Bruxelles, ils renverraient l’ascenseur pour une nomination à un autre niveau de pouvoir) … mais la réponse, toujours selon nos informations, a été immédiate et négative.

Au niveau bruxellois, Laurette Onkelinx n’est pas la seule à repousser ce scénario. Les écologistes ont fait savoir qu’ils étaient sur la même longueur d’onde. Et un peu plus tard, sur Twitter, Olivier Maingain pour Défi estimait que  “la tentative désespérée du MR de s’inviter dans les négociations bruxelloises est vouée à l’échec “. Même au sein de l’Open VLD (qui avait déjà retardé le début des négociations de deux semaines sur cette question), les négociateurs bruxellois ne se bousculaient pas pour appuyer la demande du parti frère libéral: « C’est un débat entre francophones » lâchait Sven Gatz, pressenti pour devenir ministre bruxellois, tandis que Guy Vanhengel gardait la bouche cousue à l’entrée du bâtiment. Entre Bruxellois, l’affaire semble donc entendue, ce sera sans les libéraux francophones. A moins que l’Open VLD ne décide de tout bloquer, avec le  risque de créer une crise majeure à tous les niveaux de pouvoir,  la demande du MR ressemble à une pression de la dernière chance.