Du siège passager au fauteuil mayoral : Schaerbeek et Uccle à l’heure des surprises régionales
Le nouveau gouvernement bruxellois n’a pas seulement rebattu les cartes à la Région : il a aussi créé un effet domino dans plusieurs communes. À Uccle comme à Schaerbeek, deux nouveaux visages se retrouvent à la tête de leur commune presque du jour au lendemain. Récits croisés de Valentine Delwart et Martin De Brabant, entre surprise, continuité et sens du devoir.
■ Reportage de Arnaud Bruckner et Charles Carpreau
Samedi matin, tout s’est accéléré pour Martin De Brabant. “J’étais sur l’autoroute, en partance pour les vacances”. Un SMS l’informe de la désignation d’Henry comme secrétaire d’État au sein du nouveau gouvernement bruxellois. Demi-tour immédiat. “J’ai passé quelques coups de fil, puis j’ai fait demi-tour.” L’agenda était vide ; il se remplit en quelques heures. Réunions avec la police, coordination avec les services administratifs, premiers échanges politiques avant une concertation plus large prévue début mars.
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À Uccle, la scène est différente mais tout aussi soudaine. Valentine Delwart apprend que Boris Dilliès devient ministre-président de la Région bruxelloise. Conformément à la loi, elle accède de facto au mayorat. “Je ne me suis pas réveillée la même le lendemain”, dit-elle. Échevine depuis 2012, notamment aux finances, elle connaissait la maison. Mais être bourgmestre, insiste-t-elle, c’est porter “l’entièreté de la commune”, et surtout assumer la sécurité et l’ordre public. Première réunion prévue aujourd’hui: mise au point avec le chef de corps.
Dans les deux cas, le mot d’ordre est la continuité. À Schaerbeek, De Brabant assure que “les priorités restent les mêmes” et que le collège existe. Les discussions politiques plus larges attendront la rentrée. Les critiques, y compris celles visant le MR accusé de délaisser la commune, il les entend « en démocratie », mais renvoie à une réponse collective ultérieure.
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À Uccle, Delwart s’inscrit dans la lignée de son prédécesseur. Rigueur budgétaire, sécurité, propreté, investissements : “il n’y a pas de raison de changer” le cap. Ce qui changera, peut-être, c’est le style. Elle revendique une approche plus à l’écoute, plus douce. Mais sur le fond, les dossiers sont lourds : contraintes budgétaires, entretien des espaces verts, prévention des inondations, cohésion sociale dans des quartiers parfois loin des caricatures.
Ce portrait croisé révèle deux trajectoires distinctes mais un même moment politique : celui où l’échelon régional recompose le local. À quelques kilomètres de distance, l’un quitte l’autoroute, l’autre change de fauteuil. Tous deux promettent stabilité et engagement. Reste à voir comment, au-delà de l’effet de surprise, chacun imprimera sa marque.
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Azad Yagirian