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Violences liées à la drogue: plusieurs mesures annoncées, les bourgmestres bruxellois satisfaits après le Cores

Le bourgmestre de Saint-Gilles Jean Spinette (PS) s’est dit mercredi soir davantage soutenu dans la lutte contre la criminalité organisée, à l’issue du Conseil régional de sécurité (Cores). Très marqué par les récents incidents dans sa commune, il a affirmé avoir retrouvé “un peu plus le sourire”. Les autres bourgmestres interrogés à la sortie ont également affiché un optimisme prudent et salué la volonté de dépasser les divisions politiques.

Le bourgmestre avait ressenti auparavant “un manque de loyauté fédérale“. Il salue désormais “une prise de conscience nationale” face à une criminalité organisée “déstabilisante et problématique pour l’entièreté du pays, pas juste pour Bruxelles et Saint-Gilles”.

La Justice, l’Intérieur, le parquet de Bruxelles, la Région, les bourgmestres et les autorités de la police fédérale se sont réunis mercredi au siège de safe.brussels. Jean Spinette relève la mise en place d’une collaboration assortie de renforts concrets, déjà fournis par la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles, auxquels s’ajoute désormais un appui fédéral. “Lors des explosions de la façade de l’école place Bethléem ou des tirs sur la place Bethléem, j’avais eu l’impression qu’il y avait beaucoup de compassion, mais que peu de choses concrètes avaient suivi”, a-t-il expliqué. “Ici, on est dans un tout autre niveau de prise de conscience.”

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Il espère que cette “union nationale” sera suivie d’effets. Les renforts venus de la Ville de Bruxelles sont déjà visibles à Saint-Gilles, avec davantage de patrouilles, affirme-t-il. “Le peloton n’a pas été promis pour dans des mois. C’est tout de suite que cela se met en place.” Jean Spinette reste toutefois prudent. “J’ai appris à attendre et à voir. Mais ici, j’avoue que j’ai pu remercier les gens“, a-t-il conclu.

Les autres bourgmestres satisfaits

Le bourgmestre d’Etterbeek Vincent De Wolf (MR), resté à l’écart des passes d’armes politiques, a lui aussi appelé à une “union nationale” entre les communes, la Région, le fédéral, la Justice et la police. Il propose de s’inspirer du Portugal et de ses “chambres de dissuasion“. Ce dispositif offre aux consommateurs interpellés un parcours de désintoxication et de réinsertion. En cas de refus, ils sont poursuivis. Vincent De Wolf va transmettre aux partenaires une note qu’il avait rédigée sur ce modèle. Il dit ressortir avec “beaucoup d’espoir et d’optimisme”.

Le maïeur de Forest Charles Spapens (PS) a jugé la réunion constructive. Il souhaite désormais la mise en œuvre rapide d’un “plan d’urgence national”. Les bourgmestres soutiennent les besoins exposés par le procureur du Roi et arrivent “aux limites” de leurs propres capacités, a-t-il souligné. “Il n’y a pas de banalisation, il n’y a pas de zone de non-droit, il n’y a pas de quartiers qu’on abandonne”, a-t-il assuré aux habitants. La réponse doit aussi intégrer la santé, la prévention et l’accompagnement social. Il se dit “optimiste, sans être naïf“.

Enfin, le bourgmestre de Saint-Josse-ten-Noode Emir Kir a décrit l’une des réunions “les plus fortes” auxquelles il a participé. “Quand ça se passe à Saint-Gilles, c’est comme si ça se passait à Saint-Josse”, a-t-il affirmé. Attaquer un commissariat revient, selon lui, à s’attaquer à la Belgique et à l’État. Il appelle dès lors tous leurs représentants à “faire corps”, à dépasser les jeux politiques et à réagir unanimement contre la grande criminalité.

Plusieurs mesures annoncées

A l’issue de la réunion, le ministre fédéral de l’Intérieur Bernard Quintin (MR) a annoncé le déploiement des 40 policiers afin de renforcer la présence en rue et les capacités d’enquête. Des policiers issus d’autres zones viendront également appuyer la zone Bruxelles-Midi, qui couvre Anderlecht, Forest et Saint-Gilles, particulièrement en soirée et durant la nuit.

Boris Dilliès a par ailleurs annoncé que les 20 caméras mobiles seront installées dans les prochains jours dans les quartiers concernés. Une coordination permanente sera mise en place au sein de safe.brussels afin d’améliorer la circulation des informations entre les polices locale et fédérale, la Justice, les communes et la Région, ainsi qu’avec les acteurs de la santé et de la prévention. Elle travaillera prochainement avec le commissaire régional aux Drogues, dont le recrutement est en cours.

Le ministre-président a également rappelé aux bourgmestres la possibilité d’instaurer, dans les lieux les plus sensibles, des couvre-feux ou des zones dont l’accès serait réservé aux riverains. Il pourra aussi prendre des arrêtés de police si les chefs de corps formulent des demandes supplémentaires.

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Rédaction avec Belga