Rentrée universitaire : “Le financement par étudiant a diminué de 25 % en 20 ans”
La rentrée universitaire a eu lieu cette semaine, avec son lot de défis. Pour en parler, Fabrice Grosfilley a reçu dans son émission Bonsoir Bruxelles la rectrice de l’Université libre de Bruxelles (ULB), Annemie Schaus.
Premier défi : quatorze étudiants gazaouis devaient venir étudier ou mener des projets de recherche en Belgique, dont cinq à l’ULB. Mais ils sont toujours bloqués à Gaza. Une situation que dénonce la rectrice de l’ULB : “C’est incompréhensible, parce que certains d’entre eux ont déjà un visa. Ce que la Belgique refuse de faire, c’est de les évacuer de Gaza. Or, ils ont fait l’objet d’une sélection sérieuse. Ce sont de vrais chercheurs ou des étudiants désireux de venir étudier chez nous, tout comme dans les universités flamandes ou à l’Université de Liège, qui sont concernées également. D’autres pays européens évacuent des ressortissants gazaouis et la Belgique refuse de le faire. Pour nous, c’est parfaitement incompréhensible.”
Autre défi : la hausse du minerval, qui atteint cette année près de 1.200 euros au taux plein. Une hausse qui suscite la colère d’une partie des étudiants. Annemie Schaus dit comprendre leurs inquiétudes : “Je peux comprendre dans la mesure où les seuils de salaire qu’il faut avoir pour payer le minerval plein ne sont pas très élevés. On est très sensible à la situation des étudiants précaires. Que ce soit ceux qui se sont vu refuser une aide par la Communauté française, ou les tranches les plus modestes de ceux qui vont payer 1.200 euros. Mais là, les universités dégagent des moyens pour les aider, soit à payer une partie du minerval, soit à leur offrir une autre aide sociale.”
Enfin, la rectrice pointe le sous-financement de l’enseignement supérieur en Belgique francophone : “Malheureusement oui, ça fait 20 ans que ça dure, ça fait 20 ans que les universitaires tirent la sonnette d’alarme… Le financement par étudiant a diminué de 25 % en 20 ans, c’est vraiment énorme.”
■ Revoir l’interview complète de Annemie Schaus dans la vidéo ci-dessus