“Si ces jeunes se tournent vers des trottinettes non réglementaires, on n’aura rien gagné” : Bruxelles prépare l’après-trottinettes en libre-service
Le gouvernement bruxellois a décidé d’interdire les trottinettes électriques en libre-service à partir du 1er janvier 2027. Une mesure justifiée par la hausse des accidents et les problèmes de sécurité, mais qui continue de faire débat. Invités dans Bonsoir Bruxelles, Benoît Godard, porte-parole de l’Institut Vias, Martin Lefrancq, conseiller nouvelles mobilités chez Bruxelles Mobilité, et Damien Deroanne, conseiller en mobilité, ont confronté leurs analyses.
Pour Benoît Godard, l’interdiction ne résoudra pas nécessairement les problèmes de sécurité si les utilisateurs se tournent vers des trottinettes privées non conformes. “Le problème, c’est que le monde de la mobilité évolue très vite”, explique-t-il. Selon lui, de nombreux modèles vendus en ligne dépassent largement les limites autorisées. “Lors d’un contrôle de police à la Bourse, il y en avait une qui pouvait atteindre 105 km/h.”
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Dès lors, le véritable enjeu se situe ailleurs. “Si ces jeunes se tournent vers ces trottinettes-là, qui posent aussi des problèmes de sécurité, alors évidemment, on n’aura rien gagné.” Le porte-parole de Vias appelle donc les autorités fédérales à agir contre les modèles non réglementaires plutôt que de se concentrer uniquement sur les trottinettes partagées.
Un mode de transport pas si accessible que cela
Pour Damien Deroanne, l’argument selon lequel l’interdiction pénaliserait un moyen de transport accessible à tous mérite d’être nuancé.
“Un trajet moyen de 15 minutes, c’est autour des 5 euros”, souligne-t-il. “Si vous l’utilisez de manière très régulière, à la fin de l’année, on est sur plusieurs centaines d’euros.” Selon lui, les trottinettes partagées ne constituent donc pas un service universel comparable aux transports publics, mais un mode de déplacement dont le coût reste significatif pour les utilisateurs réguliers.
Bruxelles mise sur le vélo partagé
La Région entend désormais renforcer l’offre de vélos en libre-service pour compenser la disparition des trottinettes. “On a beaucoup d’ambition pour ce futur service”, assure Martin Lefrancq. Bruxelles Mobilité travaille déjà à la préparation du marché public qui succédera à l’actuel système Villo!.
L’objectif est clair : proposer davantage de vélos électriques et un réseau plus dense. “On veut plus de vélos électriques, quasiment tous, plus de stations, pour offrir une qualité de service bien supérieure à celle historiquement de Villo!.”
Si plusieurs grandes villes européennes ont déjà tourné la page des trottinettes en libre-service, le débat reste vif à Bruxelles.
Entre préoccupations de sécurité, évolution des usages et avenir de la mobilité partagée, la question est désormais de savoir si les alternatives proposées seront suffisamment attractives pour convaincre les dizaines de milliers d’utilisateurs actuels de changer leurs habitudes.
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