Rock Classic, De Valera’s, La Mirabelle ferment : l’Horeca bruxellois sous pression en 2025
Bars emblématiques, restaurants historiques ou encore, lieux culturels bien ancrés dans la vie de quartier : cette nouvelle année est marquée par la fermeture de plusieurs établissements bien connus de la capitale. Des décisions douloureuses, qui s’inscrivent dans un contexte plus large : 2025 a été une année particulièrement difficile pour l’Horeca bruxellois.
Chaussée de Bondael, deux adresses bien connues des Ixellois ferment leurs portes. Le Léobar a annoncé sa fermeture en remerciant sa clientèle pour sa fidélité et les souvenirs partagés. L’équipe explique vouloir transmettre l’établissement à un repreneur, avec l’espoir que le lieu poursuive son histoire sous une nouvelle impulsion.
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Quelques mètres plus loin, c’est le restaurant La Mirabelle qui a pris la même décision, qualifiée de “difficile mais nécessaire”. Après 50 ans d’existence, cette entreprise familiale transmise sur trois générations souhaite passer le flambeau afin de préserver l’avenir du lieu. Les propriétaires espèrent qu’un repreneur passionné saura respecter l’identité du lieu tout en y apportant une vision nouvelle.
À Flagey, le De Valera’s tire définitivement le rideau
Autre fermeture marquante : celle du De Valera’s Irish Pub, sur la place Flagey. Installé depuis 2007, le pub a fermé définitivement le 31 décembre, après le réveillon du Nouvel An.
Les gérants évoquent des désaccords persistants avec le propriétaire des lieux, malgré des tentatives de négociation, y compris une proposition d’augmentation significative du loyer. Déjà fermé une première fois en 2018 pour des raisons similaires avant de rouvrir, l’établissement ne semble cette fois-ci pas destiné à renaître. Une disparition qui attriste les habitués, tant le lieu faisait partie du paysage festif et sportif du quartier.
Après 30 ans, le Rock Classic Bar coupe le son
Fondé en 1996, le lieu a cessé ses activités après 30 ans de concerts et de passion musicale.
Cette fermeture soudaine et définitive a eu des conséquences immédiates sur la scène culturelle locale. L’organisation Soirées Cerises, qui y programmait des concerts depuis 15 ans, a dû annuler 21 dates prévues. Pour les artistes comme pour le public, la disparition du Rock Classic laisse un vide difficile à combler.
2025, une année difficile pour l’Horeca bruxellois
Les fermetures observées à Ixelles et Flagey s’inscrivent dans une tendance plus large. Entre janvier et mars 2025, 112 faillites ont été recensées dans l’Horeca bruxellois, avec 130 fermetures pour 100 ouvertures. “Il y a une perte d’identité. Je crois qu’il n’est pas bon de voir disparaître toute une série d’établissements dits plus traditionnels, mais maintenant les moeurs changent, les gens consomment différemment”, résume Matthieu Léonard, président de la Fédération Horeca Bruxelles.
En dix ans, la restauration à service restreint et surtout les établissements qui proposent des plats à emporter a progressé de plus de 15%, tandis que les bars, cafés et restaurants à service complet ont reculé dans la même proportion.
■ Reportage | Faillites et fermetures : pourquoi 2025 fut compliquée pour l’Horeca bruxellois (27/12/25)
Dans ce contexte économique et politique incertain, marqué notamment par l’absence de gouvernement bruxellois en 2025, le secteur garde néanmoins un œil tourné vers 2026, porté par des réformes fédérales jugées plus favorables. “On n’a pas été une année de redressement. Ça a été plutôt une année de construction pour nous et pour notre organisation professionnelle. On a noué des contacts rapprochés avec le monde politique et les autres organisations et instances publiques pour justement créer un socle et permettre à 2026 d’être plus positive que 2025”, conclut le président de la Fédération Horeca Bruxelles.
Rédaction





