“Protéger les arbres, c’est protéger la ville”: le collectif Help4trees entendu par les députés bruxellois après une pétition
Alors que la température va encore grimper, que les épisodes caniculaires se multiplient, une des solutions pour supporter la chaleur se trouve dans les arbres. Pourtant à Bruxelles, leur nombre diminue d’année en année. Ce matin, un collectif qui défend le patrimoine arboré a été entendu à ce sujet au parlement bruxellois.
A quelques pas de l’arrêt Saint-Lambert, à Laeken, pourrait voir le jour un dépôt de la Stib. Cela entraînera l’abattage d’environ 200 arbres pour une vingtaine d’arbres replantés. Un projet que regrette Help4trees, qui défend le patrimoine arboré bruxellois. “Il y a un terrain déjà à minéraliser, pas tellement loin d’ici, qui pourrait tout à fait être mis à profit par la Stib pour construire ce dépôt temporaire. Il se fait que ce terrain n’est pas mis à la disposition de la Stib pour privilégier un développement immobilier destiné au projet NEO“, regrette Anne Bonew, cofondatrice du collectif.
Des exemples similaires, le collectif Help4trees en dénombre plus d’un. En l’espace de 15 ans, quelque 72.000 arbres ont ainsi été abattus. “Ce n’est pas un cas isolé, mais une tendance qui existe depuis de nombreuses années“, assure Johanne Verbockhaven, cofondatrice. “Ça reflète une mentalité et une approche environnementale très bruxelloise.”
Pour faire entendre sa voix, le collectif s’est exprimé devant le parlement bruxellois. “Protéger les arbres, c’est protéger la ville et cela impose un changement de cap“, a déclaré aux députés Anne Bonew. Ce procédé a été rendu possible grâce à une pétition qui a récolté 1000 signatures. Le parlement est ensuite contraint d’analyser la proposition en commission.
► Lire aussi | Ixelles termine l’inventaire de ses 7.100 arbres, 60 sont à abattre dans un avenir proche
Le message transmis semble faire écho : “Ça met le doigt sur un problème de gouvernance propre à la Région bruxelloise. C’est vrai qu’on assiste à une diminution du patrimoine arboré, sans vision claire, sans inventaire, sans monitoring de ce qui est fait“, reconnaît la députée socialiste Cécile Vainsel.
“Créer cet inventaire à Bruxelles, c’est vraiment important pour après une réelle politique d’arborisation sur notre territoire“, réagit également Stéphanie Lange (Les Engagés).
Dans l’opposition, Ecolo doute davantage de la volonté du gouvernement à se saisir de ces enjeux. “J’ai lu l’accord de majorité, je n’ai vu aucune ambition en termes d’adaptation de la ville aux effets du dérèglement climatique et au fait que, oui, il faut accélérer l’investissement dans la nature en ville“, assure Alain Maron (Ecolo).
Le collectif Help4trees espère aujourd’hui avoir été entendu et souhaite voir cesser l’opposition entre la nature et le développement urbain.
■ Reportage de Maël Arnoldussen et Charles Capreau