Projet de dépôt de tram à Laeken : le permis d’environnement refusé, la STIB introduit un recours
Environ 200 arbres sont menacés par ce projet, mais la STIB qui recherche urgemment un nouveau lieu de dépôt l’assure : la zone établie près de la friche Sobieski à Schaerbeek semble être la plus adaptée parmi la dizaine d’emplacements étudiés par la société de transports.
Avec l’arrivée des Trams Nouvelle Génération (TNG), la STIB recherche activement de nouvelles places en dépôt pour les stationner avant de les envoyer ensuite sur le réseau. Elle attend depuis longtemps la construction d’un nouveau dépôt au Nord de Bruxelles. Dans ce contexte, la société de transports a introduit une demande de permis au niveau de la friche Sobieski à Laeken, près de la place Saint-Lambert.
Problème : ce chantier nécessite l’abattage d’environ 200 arbres. “Les Amis du Heyselbeek”, un collectif de citoyens opposé à ce projet, dénonce son impact potentiel sur cette zone humide stratégique.
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“Alors que Bruxelles multiplie les plans de lutte contre les inondations et les investissements en faveur de l’infiltration des eaux pluviales, elle continue parallèlement à soutenir un projet qui prévoit l’imperméabilisation d’une zone humide boisée reconnue pour sa haute valeur biologique“, déplore-t-il. “On ne peut pas demander aux Bruxellois de s’adapter aux inondations tout en détruisant une zone qui participe déjà naturellement à cette adaptation“, ajoute leur porte-parole Serge Malaisse.
Un permis d’environnement refusé
La STIB s’est vue refuser le permis d’environnement pour lancer ce chantier en raison de son incompatibilité avec le PRAS, le Plan Régional d’Affectation du Sol, qui classe le site en zone verte. Dans le même temps, un permis d’urbanisme a été délivré. La société de transports a donc décidé d’introduire un recours auprès du gouvernement bruxellois concernant le permis d’environnement. “Cette situation soulève une question fondamentale de cohérence publique. Si les autorités environnementales considèrent qu’un projet n’est pas compatible avec l’affectation légale du territoire, comment justifier la poursuite de la procédure en vue d’obtenir malgré tout une autorisation ?“, s’interrogent “Les Amis du Heyselbeek”.
De son côté, la STIB confirme : “Nous avons en effet introduit un recours contre le refus du permis d’environnement, car nous estimons que le projet est bien conforme au PRAS.”
Un réseau saturé
Pour la société de transports, c’est le blocage de ces dernières années qui mène à cette situation d’urgence. “Une infrastructure est promise à la STIB depuis plus de 15 ans sur le plateau du Heysel, emplacement stratégique. Ce projet a été repris en 2013 dans le Plan régional d’affectation du sol (PRAS). Ce dépôt n’a toutefois pas encore vu le jour et même si un accord venait enfin à être trouvé, sa construction prendrait encore de nombreuses années. Entre-temps, les dépôts existants de la STIB arrivent à saturation“, explique la STIB. La situation est à ce point critique qu’en septembre 2025, plusieurs trams ont déjà dû être stationnés temporairement en voirie à l’entrée de plusieurs dépôts.
Dans l’attente d’un projet concret au Nord de la capitale, il y a donc urgence à trouver des emplacements supplémentaires pour stocker les nouveaux trams qui arrivent au fur et à mesure. La STIB dit avoir anticipé ces besoins et étudié seize localisations différentes au nord-ouest de Bruxelles. Plusieurs variantes ont également été étudiées pour certaines localisations. “Certains lieux n’étaient pas adaptés pour des raisons techniques, d’autres n’étaient pas disponibles, n’étaient pas suffisamment grands ou ne pouvaient pas être aménagés dans les délais nécessaires. On ne peut cependant pas attendre pour disposer de places supplémentaires“, insiste la STIB.
Une exposition en opposition
Selon la société de transports, Sobieski est le meilleur choix disponible pour disposer d’un site adapté et bien situé rapidement étant donné le nombre de places – c’était déjà un site tram par le passé – sa situation au nord de la ville et près du Heysel, où il y a une forte demande de renforts de transports lors d’évènements.
Des explications qui ne convainquent pas les opposants au projet qui organisent actuellement une exposition intitulée “La mémoire de l’eau – Du ruisseau oublié aux défis climatiques de demain” au Café Palto à Laeken. Cette exposition retrace l’histoire du Heyselbeek, les inondations récentes à Laeken et les enjeux environnementaux liés au projet de dépôt de tram.
V.d.T. – Photo : BX1