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Plus de 13 000 euros par an? La FEF chiffre le coût de la vie étudiante

Des milliers d’étudiants reprennent le chemin des auditoires, ce lundi. L’occasion pour la Fédération des Étudiant·e·s Francophones (FEF) de faire le point sur le coût de la vie étudiante. L’organisation estime que cette année académique pourrait coûter entre environ 8 100 et 13 600 € à certains étudiants.

On reçoit des témoignages d’étudiants qui nous disent : ‘si je ne suis plus finançable, je vais finir par me pendre’ ou ‘mes parents dorment avec moi parce qu’ils ont peur que je me fasse du mal’“, relaie ce lundi matin, dans Bruxelles Breakfast, Lenaïk Dumont, la présidente de la Fédération des Étudiant·e·s Francophones (FEF). Entre l’augmentation du minerval et le décret paysage, la rentrée académique est source d’angoisse pour de nombreux étudiants.

Dès cette année, le minerval augmente en Fédération Wallonie-Bruxelles. Depuis 2011, l’indexation du minerval était gelée à 835 euros, c’est maintenant terminé. Le montant applicable à tous les étudiants est désormais de 1194 € pour tout l’enseignement supérieur. Le gouvernement a mis en place le “minerval progressif”, soit un système de paliers en fonction de la situation financière de l’étudiant : 0 € (boursiers), 374 € (condition modeste), 835 € (condition intermédiaire) et 1194€ (sans condition particulière). Les étudiants étrangers venant d’un pays en dehors de l’Union européenne doivent payer, en plus du minerval, une contribution supplémentaire de 4175€.

60 % (environ 58 % selon le gouvernement, NdlR) des étudiants vont se retrouver à devoir payer un minerval à taux plein. Dans certains établissements, dont des hautes écoles ou écoles supérieures des arts, le taux plein pouvait être à 200, 250 ou 300 €. Comment expliquer à ces étudiants qu’ils vont devoir payer 1194€ ?“, interroge Lenaïk Dumont.

► Voir notre reportage | Hausse du minerval: les étudiants dénoncent “l’enterrement” de l’accessibilité aux études de la FWB au siège des Engagés

Cette hausse assez importante du minerval a été décidée par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans un contexte de situation budgétaire difficile. La FWB espère ainsi dégager, notamment grâce à cette mesure, 10,8 millions d’euros d’économies en 2026. Le gouvernement estime qu’une année d’un étudiant universitaire (bachelier et master) coûte en moyenne 10 037 € à la FWB et un étudiant hors université coûte 8087 € (selon les chiffres de 2023-2024). Aux yeux du cabinet d’Elisabeth Degryse, ce nouveau système vise à faire contribuer les étudiants selon leurs moyens, “tout en préservant les étudiantes et étudiants qui en ont besoin“.

Les étudiants qui pensent pouvoir bénéficier d’un minerval réduit ont jusqu’au 31 octobre 2026 pour introduire leur demande d’allocation d’études.

13 600 € l’année d’études ?

Le minerval n’est que l’une des nombreuses dépenses des étudiants. La FEF profite également de la rentrée académique pour dévoiler sa version actualisée de l’évaluation des coûts de l’année 2026-2027 pour un étudiant kotteur ou navetteur en Fédération Wallonie-Bruxelles. Selon son calcul, l’année d’études pourrait coûter près de 6900 € pour un navetteur et 12.350 € pour un kotteur, sans compter le minerval. En incluant les 1194 €, cela revient à 8 100€ (navetteurs) et 13 600€ (kotteurs).

La plus grande part du budget d’un étudiant semble être le loyer, avec 4557.75 € par an, hors charges. Cela revient à 380 € par mois, alors que le loyer moyen d’un kot à Bruxelles est d’environ 570 € selon l’étude Kotkompas. 

L’estimation du coût de la vie étudiante, réalisée en 2024 par quatre associations dont la FEF et la Ligue des Familles à partir notamment d’études commanditées par le gouvernement, a été  actualisée par l’organisation en fonction de l’indice des prix à la consommation d’août 2026.

Pour se permettre d’étudier, beaucoup n’ont pas d’autre choix que de prendre un job étudiant. Ainsi, “en quelques années, le nombre d’étudiants jobistes est passé de 55.000 à 102.000, tandis que la proportion d’étudiants travaillant durant l’année académique a presque doublé, passant de 22 % à 42 %“, explique la FEF en citant des chiffres de l’ONSS.

L’organisation rappelle que le fait de concilier travail et études réduit le taux de réussite et allonge le parcours d’études. “Notre travail, normalement, c’est d’aller en cours, d’étudier pendant les examens, faire du sport, sortir… être jeune et insouciant. Ça, c’est plus possible ce genre de chose aujourd’hui. On est sur une élitisation de l’enseignement supérieur et on ne permet pas aux jeunes d’être jeunes“, ajoute Lenaïk Dumont.

Des aides promises par certains établissements

Face à la hausse du minerval et du coût de la vie, certains établissements mettent en place des aides.

C’est le cas de l’Université Libre de Bruxelles, qui adapte ses dispositifs sociaux avec un fonds de 500.000 euros. Ainsi, les étudiants qui se situent dans les plafonds pris en compte par la FWB, mais qui ne peuvent bénéficier d’une réduction légale en raison de critères administratifs ou de situations particulières, pourront bénéficier de réductions à 325 euros, 485 euros ou 835 euros selon leur situation. Une autre mesure est prévue pour les étudiants inéligibles aux réductions prévues par la FWB, alors qu’ils éprouvent des difficultés financières : ils garderont un minerval à 835 €, “grâce à la création d’un soutien financier exceptionnel“.

L’UCLouvain, de son côté, propose un “taux social” interne à 374 € pour les étudiants qui n’ont pas droit à la bourse ou à la réduction de minerval de la FWB.

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On a même certains enseignants dans certaines écoles d’art qui nous ont dit que si les étudiants ne peuvent plus se permettre de payer leur minerval, on continuera à leur donner cours“, assure Lenaïk Dumont.

Une manifestation déjà prévue

Cette rentrée académique, la Fédération des Étudiant·e·s Francophones ne compte pas rester les bras croisés : une manifestation est déjà annoncée pour ce mercredi 16 septembre. “On continuera à se battre pour un enseignement public de qualité accessible à toutes et tous“, martèle la présidente.

La ministre, elle, se dit ouverte au débat : “Je souhaite que le dialogue et la concertation puissent se poursuivre, dans un esprit de respect, autour des objectifs qui nous rassemblent : le bien-être de toutes et tous au sein des établissements, la réussite des étudiantes et des étudiants et la qualité de l’enseignement supérieur”.

Maxime Dieu – Photo : Belga Image