Le RWDM sanctionné par la commission des licences : l’avenir du club assombri par ses problèmes financiers
Le RWDM Brussels semblait sportivement en bonne posture pour réussir à se maintenir en Challenger Pro League, mais le club est rattrapé par ses problèmes financiers. La commission des licences de l’Union belge de football a infligé une pénalité de trois points au club, qui a contesté la décision.
L’appel lancé par le club pour contester la décision de retrait de points est suspensif. Le RWDM n’est donc pas encore officiellement sanctionné d’un retrait de trois points et reste, pour le moment, à la 10e place du classement de la Challenger Pro League avec 29 points.
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La sanction intervient car le RWDM a failli à son obligation de fournir différents documents et preuves de paiement relatifs à des transferts. Ce n’est pas la première fois que le club est sanctionné cette saison pour ses manquements administratifs et financiers. En février, la commission des licences avait condamné les Molenbeekois à débuter la saison 2026-2027 avec un point en moins. Le club est aussi interdit de transfert depuis octobre.
Aucune amélioration des finances dans le rouge
D’après la Commission, le club bénéficiait d’un délai supplémentaire pour soumettre une preuve de transfert de fonds depuis “le club de Botafogo vers le compte lituanien du club”, ainsi que des accords écrits “concernant l’obtention d’un plan d’apurement relatif à la dette” liée aux transferts d’Ernest Nuamah (de Nordsjaelland) et de Kwasi Poku (de Forge FC).
Le RWDM n’a pas respecté ce délai et n’a par ailleurs pas fourni les preuves de paiement pour sept dettes fédérales et cinq dettes sociales. Selon les dernières informations, les fonds propres du club sont largement dans le rouge (-10,1 millions d’euros).
Une licence pro à obtenir
Se pose désormais l’urgente question de la licence pro que le club doit obtenir pour continuer d’évoluer en deuxième division. Le club a jusqu’au 16 mars pour fournir la majorité des documents financiers, juridiques et sportifs de son dossier de licence, notamment les preuves de paiement des dettes sociales et fiscales. Autre date importante : le 31 mars qui correspond souvent à la fin de la période de régularisation pour certains paiements (comme les dettes envers le fisc ou l’ONSS) afin qu’ils soient pris en compte dans l’évaluation initiale de la Commission des Licences.
L’horizon est assez sombre pour les Rouges et Noirs, abandonnés par leur propriétaire Eagle Football Holdings Bidco, en difficulté et sans capitaine clair pour mener l’entreprise. Le club ne bénéficie plus de transferts d’argent venus de l’Olympique Lyonnais.
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Le club reconnaît une situation complexe. Dans les pages de la DH, le CEO du club, Maxime Vossen, a répondu à ces interrogations :
“Nous sommes conscients que ce sera un dossier compliqué vu la situation dans laquelle nous sommes et le flou structurel autour de nous. Mais aujourd’hui, par rapport au contrôle intermédiaire qui nous préoccupait actuellement, nous savons que nous sommes en capacité de payer ce qui nous est demandé. Nous nous battons également depuis un an et demi pour régler ce cas Nuamah, où nous avons soutenu à un moment l’OL et pour lequel nous aimerions bénéficier de la même solidarité en retour.”
Une nouvelle faillite ?
L’histoire du club est marquée par de nombreux épisodes administratifs comme ceux-ci. Notamment en 2003 avec la faillite du matricule 47 du RWDM. Ensuite, le locataire du stade Machtens était le FC Brussels, qui a disparu en 2014. L’actuel RWDM a connu sa renaissance en 2015 avec Thierry Dailly, commençant son parcours en troisième division amateur avant de remonter jusqu’en première division lors de la saison 2023-2024.
Dans ce contexte, le mot faillite est évoqué si de nouveaux apports financiers n’arrivent pas rapidement. Maxime Vossen répond au quotidien La DH que “c’est un mot qu’on entend depuis le mois de septembre, mais le club est toujours là”.
Quelle fin de saison sportive ?
Au-delà de cette situation extrêmement complexe en dehors des terrains, le RWDM Brussels doit encore jouer six rencontres en championnat pour tenter d’assurer, au moins sportivement, son avenir en Challenger Pro League.
Le système de relégation est encore incertain dans cette fin de saison en deuxième division, mais si les équipes U23 de clubs de première division ne peuvent pas être reléguées, alors le RWDM n’aurait que trois points d’avance sur Seraing, premier club relégable en cas de retrait de points. En sachant que les Molenbeekois comptent deux matchs de retard sur les Sérésiens, la situation serait serrée. Le club se déplace samedi à l’Olympic Charleroi, dernier du championnat, un déplacement crucial dans sa lutte sportive pour le maintien avant d’en savoir plus sur son avenir administratif.
Rémy Rucquoi