Incendie dans les Hautes Fagnes: Bruxelles se dit préparée face au risque d’incendie en forêt de Soignes
Les autorités bruxelloises disposent d’un plan d’intervention et d’une cartographie des accès pour faire face à un éventuel incendie en forêt de Soignes, ont-elles indiqué mercredi à Belga. Elles reconnaissent toutefois un risque élevé dans le contexte actuel de sécheresse et la nécessité de continuer à améliorer leur préparation.
Bruxelles Environnement a inventorié les zones les plus sensibles au feu, qui représentent environ 6% de la partie bruxelloise du massif. Elles présentent notamment des conifères, des résineux et des fougères aigles, une combinaison plus sensible au risque d’incendie. Les chemins accessibles aux véhicules de secours ont été cartographiés et sept points de ralliement permettent à un garde forestier de rejoindre les pompiers et de les guider. Une permanence est assurée 24 heures sur 24.
►Reportage | Fortes chaleurs: la forêt de Soignes pourrait-elle connaître un grave incendie?
La situation reste “très préoccupante“, selon la porte-parole de Bruxelles Environnement, Pascale Hourman. Les sols sont asséchés et les arbres souffrent, certains présentant déjà des couleurs automnales. Les précipitations de cette semaine ne suffiront pas à normaliser la situation et la vigilance des gardes forestiers reste renforcée.
La forêt périurbaine présente néanmoins certains atouts. Sa forte fréquentation peut permettre de détecter rapidement un départ de feu et un chemin ou sentier est présent environ tous les 100 mètres, facilitant l’accès. Bruxelles Environnement rappelle par ailleurs que la grande majorité des incendies sont d’origine humaine et insiste notamment sur l’interdiction de faire du feu et la nécessité de ne pas jeter de mégots ou de déchets.
Une forêt insuffisamment diversifiée
Les pompiers de Bruxelles ont également établi un plan reprenant les accès et les ressources en eau. “Si le risque de feux de forêt remonte vers le nord, la forêt de Soignes est constituée de grands feuillus, dont les hêtres, plus difficiles à embraser, même si les arbres souffrent actuellement de la sécheresse“, relève le major Philippe Bécret. Le risque concerne davantage, selon lui, les feux au sol, alimentés par les feuilles et les fougères sèches.
Bruxelles Environnement souligne de son côté que la forêt, largement dominée par la hêtraie, est insuffisamment diversifiée. Le plan de gestion de la partie bruxelloise de la forêt de Soignes, adopté en 2019 pour une période de 24 ans, prévoit notamment de diversifier les essences et les peuplements afin de renforcer la biodiversité et l’adaptation du massif au changement climatique.
Pas de véhicules spécifiques
Les pompiers ne disposent pas de véhicules spécifiques aux feux de forêt. Depuis l’année dernière, ils ont adapté une procédure permettant d’utiliser leurs autopompes urbaines. Des véhicules 4×4 peuvent être demandés aux zones voisines en renfort. Si un incendie devait survenir, les équipes devraient progresser à pied entre les chemins carrossables en déployant des tuyaux. Pour l’approvisionnement en eau, une noria de camions-citernes pourrait être organisée à partir des bouches du réseau urbain.
Deux officiers bruxellois ont par ailleurs été formés à la coordination d’interventions de grande ampleur. Les tests réalisés avec les pompiers ont jusqu’ici porté sur l’accessibilité dans le cadre du plan d’intervention.
Pour le major Bécret, les grands incendies montrent surtout la nécessité de prévoir des renforts supra-zonaux, avec des interventions potentiellement longues, des déplacements à distance et des rotations de personnel.
Coordination nécessaire
Safe.brussels, l’organisme régional bruxellois chargé notamment de la prévention et de la sécurité ainsi que de l’appui à la gestion de crise, a de son côté intégré le risque d’incendie en milieu naturel et son aggravation liée au dérèglement climatique dans son analyse des risques régionaux 2025-2027.
“En cas d’incendie majeur, une coordination entre acteurs locaux, régionaux, fédéraux, voire européens, pourrait être nécessaire“, explique encore Benjamin Bergiers, Communication managaer chez Safe.brussels. Il rappelle en ce sens que Bruxelles a accueilli en juin un exercice MODEX réunissant plus de 60 participants de 18 pays européens afin de tester notamment l’activation du mécanisme européen de protection civile.
► Lire aussi | Sécheresse à Bruxelles : le code jaune maintenu, le risque de chute de branches augmente
Ces précisions interviennent après les mises en garde du climatologue Xavier Fettweis (ULiège) dans plusieurs médias. Il considère qu’un incendie en forêt de Soignes pourrait constituer un risque majeur en raison notamment de la sécheresse, de la prédominance des hêtres, de la fréquentation du massif et de sa proximité avec la capitale.
Belga