Julien Moinil fait le point sur les fusillades: “N’importe quel citoyen peut se prendre une balle”
Le procureur du Roi de Bruxelles Julien Moinil a fait le point ce vendredi sur les enquêtes liées aux récentes fusillades et sur les moyens nécessaires pour lutter contre le narcotrafic dans la capitale. En 2025, 102 fusillades ont été recensées à Bruxelles, contre d’ores et déjà 69 depuis le début de cette année. Le dossier se poursuit désormais sur le terrain politique : le Parlement bruxellois et la Chambre se pencheront sur le sujet le 2 septembre. Le Soir a également annoncé ce vendredi que Bart De Wever convoque à 14h un Comité de coordination du renseignement et de la sécurité (CCRS).
“Je suis un procureur inquiet pour les citoyens. N’importe quel citoyen peut se prendre une balle, c’est une vérité.” Julien Moinil a donné le ton ce vendredi matin, lors d’une conférence de presse consacrée aux violences liées au trafic de drogues. Alors que six fusillades ont été recensées ces derniers jours à Anderlecht, Saint-Gilles et Molenbeek, le procureur du Roi de Bruxelles se montre particulièrement préoccupé par les risques pour les habitants. “On peut parler d’une nouvelle vague importante”, estime-t-il, rappelant notamment qu’un commissariat a été visé. Environ 150 fusillades ont été recensées depuis les tirs à l’arme de guerre survenus le 5 février 2025 à Clémenceau.
Le procureur avance une première piste pour expliquer cette nouvelle série de violences. “Il semble que cette vague de violence, et certainement celle sur Saint-Gilles et Forest, est due à un conflit qui oppose deux structures, deux organisations criminelles impliquées dans la vente de stupéfiants.” Pour le procureur, une partie de la réponse se trouve plus haut dans la chaîne criminelle, du côté des têtes de réseaux. Il appelle notamment à renforcer la coopération internationale.
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Julien Moinil tient toutefois à rappeler que derrière chaque fusillade, il y a aussi un travail d’enquête, des arrestations et des incarcérations. “Depuis mon arrivée, plus de 100 tireurs ont été incarcérés”, souligne-t-il. Trois personnes ont par ailleurs été arrêtées dans le cadre des derniers incidents. “Il ne faut pas laisser penser aux citoyens qu’il y a une fusillade et que rien ne se passe. Il y a systématiquement des interpellations, des arrestations, des incarcérations. Il n’y a aucun dossier de fusillade qui est laissé de côté. Tout est investigué. Le parquet continue son travail avec fermeté contre la violence.”
Pour autant, ces arrestations ne suffisent pas à enrayer le phénomène. Julien Moinil ne s’attend d’ailleurs pas à une accalmie. “Est-ce que ça va se calmer ? Non. Est-ce qu’il y a des risques de nouvelles fusillades ? Oui. Est-ce qu’il y a des risques pour les citoyens ? Oui. L’enjeu est donc énorme. Quand je réclame des moyens, ce n’est pas une demande qui repose sur des éléments subjectifs.”