Bernard Quintin sur les manifestations étudiantes: “Il est tout à fait possible de porter ses revendications sans tout casser”
Le ministre de l’Intérieur défend un encadrement ferme des mobilisations étudiantes. Selon Bernard Quintin, les raisons de ce mouvement sont à chercher du côté de la France. Il était l’invité de Bonsoir Bruxelles.
La colère gronde chez les étudiants ces derniers jours, en France, mais aussi en Belgique. Si la manifestation d’aujourd’hui à Bruxelles, devant l’Athénée Charles Janssens, était plutôt pacifique, on ne peut pas en dire autant en ce qui concerne en province de Charleroi, de Liège ou du Luxembourg. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin (MR), réagit dans Bonsoir Bruxelles, en insistant : “Il est tout à fait possible de porter ses revendications, comme cela a été fait par les étudiants de l’Athénée Charles Janssens, dans le calme et dans l’ordre, sans tout casser“.
Le ministre assure être sensible aux questions de santé mentale des étudiants, “c’est évident qu’on doit porter une attention particulière à cela“, dit-t-il avant d’ajouter : “Si les revendications peuvent être légitimes, les porter par la violence délégitimise le combat“. Bernard Quintin estime également qu’il y a “une volonté d’exporter ce qu’il y a en France” et évoque même de possibles “infiltrations“.
Comment encadrer ces mouvements, alors que les manifestants sont parfois très jeunes ? “L’encadrement commence à la maison, par les parents qui doivent dire à leurs enfants qu’on ne va pas en rue pour tout casser“, répond-il. “Il doit se faire à l’école aussi, avec un discours très clair : si vous avez des revendications, vous avez évidemment le droit de les porter, même en manifestant, mais vous n’avez pas le droit de commencer à casser tout autour de vous. Ni vos écoles, ni le mobilier urbain, ni empêcher, comme j’ai pu le voir malheureusement aujourd’hui, empêcher des pompiers d’intervenir“, martèle le ministre de l’Intérieur. Le ministre renvoie aussi la responsabilité aux responsables politiques, voire à certains enseignants, qui semblent, selon lui, encourager leurs actions : “Dire ‘on comprend, c’est pas si grave, c’est une violence qui répond à une autre violence’, c’est un discours extrêmement dangereux“.
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Des policiers “formés à agir” face à des jeunes
Malgré tout, Bernard Quintin assure que les policiers, en Belgique, sont formés “à agir et réagir en fonction du public qu’ils ont en face d’eux. La manière de réagir vis-à-vis de jeunes n’est pas la même que vis-à-vis d’adultes“.
En France, des scènes de grande violence ont été constatées de part et d’autre. Un adolescent a notamment perdu une main, arrachée par une grenade de désencerclement. Le ministre de l’Intérieur l’affirme : “L‘entraînement et la manière d’agir de la police française n’est pas la même que celle de la police belge. La structure de la police n’est pas la même non plus. Ce sont les polices locales qui sont en première ligne avec l’appui de la police fédérale.“
À Liège, les forces de l’ordre ont procédé à 30 arrestations, dont sept judiciaires, après les heurts survenus lundi dans le centre-ville. En juin, les mobilisations à Bruxelles liées à la réforme de l’enseignement avaient aussi mené à des scènes de répression policière subies par les manifestants, parfois mineurs, et à de nombreuses arrestations.
Bernard Quintin et Fabrice Grosfilley ont également évoqué l’avant-projet sur l’interdiction d’activités des organisations dites “radicales” , la réponse apportée à la menace hybride russe qui touche l’Europe, et les négociations sur le budget fédéral.
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■ Interview de Fabrice Grosfilley