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Manifestation des élèves à l’Athénée Charles Janssens: “Notre mouvement est entièrement pacifiste”

Depuis ce lundi matin, une centaine d’élèves de l’Athénée Charles Janssens, à Ixelles, bloquent l’entrée de l’école.

Les élèves se mobilisent contre les réformes de l’enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Un piquet de grève a été lancé dès 7h30, avec un blocage filtrant, ainsi qu’une chaîne humaine pour empêcher les élèves d’entrer. Finalement, les cours n’ont pas eu lieu ce lundi.

■ Reportage de Sarah Uenten

Une entrée d’école bâchée et des cartables au sol : dès 7h30 ce matin, une centaine d’élèves ont bloqué l’accès de l’Athénée Charles Janssens. L’objectif de cette semaine : sensibiliser les plus jeunes dès la troisième secondaire. “On entend beaucoup de désinformation et on néglige beaucoup notre mouvement“, explique Mohammed Boufous, élève en 6ème secondaire. “Notre but premier, cette semaine, c’est de faire comprendre aux jeunes ce qui se passe concrètement, quels sont les changements cette année, en quoi ça nous concerne et pourquoi on se mobilise“.

Les revendications sont similaires à l’année dernière. Ces élèves pointent du doigt les réformes pédagogiques et budgétaires. Ils se battent pour un enseignement moins élitiste et contestent les économies réalisées dans le secteur. “Le décret qui est passé est juste inacceptable, parce qu’on nous retire le droit à l’enseignement, le droit à la culture“, estime Catarina Correira, élève en 5ème secondaire. “J’ai l’impression qu’on veut nous abrutir pour nous faire gober plus de choses. C’est pour ça qu’on se bat. Pour le droit aux études, pour le droit de devenir quelqu’un et de progresser et de faire ce qu’on veut faire“.

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De leur côté, les professeurs avaient prévenu la direction qu’un piquet de grève était organisé toute cette semaine. Les cours devraient être suspendus jusque vendredi.

Pour Sabrina Ne Pone, professeure de mathématiques, les premiers impacts de la réforme se font déjà ressentir : “Les profs s’engagent moins bénévolement parce qu’ils ont moins le temps. Ça se voit dans les projets, dans les voyages, dans les sorties. Ça impacte à nouveau les élèves à travers le climat scolaire. Il y a un impact aussi dans les aides qu’on apporte aux élèves, les remédiations. C’est vraiment les élèves les plus faibles qui vont souffrir de ça, les élèves socio-économiquement les plus défavorisés.”

Contrairement à certaines manifestations violentes qui ont lieu à Liège ou en France, ici le rassemblement se veut avant tout pacifique. “C’est parfois très dur de voir les images qu’on voit à Liège, en France surtout, c’est très grave. On rappelle bien qu’on est des jeunes lycéens, des jeunes étudiants. On vient vraiment manifester pacifiquement, faire passer un message. Et nous tout ce qu’on demande c’est d’être écoutés, entendus. On veut qu’on arrête de prendre des décisions qui nous concernent à notre place“, insiste Mohammed Boufous.

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Le blocage est prévu toute cette semaine. Certains rejoindront la manifestation générale de vendredi. Les élèves l’affirment : la mobilisation s’arrêtera une fois qu’ils auront le sentiment d’avoir été vraiment entendus.