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Annelies Verlinden pas concertée à propos des militaires mobilisés dans les lieux liés à la communauté juive

“Chacun doit se regarder dans le miroir et se demander si c’est ainsi que nous prenons les décisions au sein du gouvernement”, a réagi mardi la ministre de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V) à la décision prise à son insu de confier la surveillance des sites liés à la communauté juive à des militaires.

Lundi, le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin et son collègue de la Défense Theo Francken ont annoncé de manière inattendue que des militaires seraient mobilisés pour surveiller des lieux liés à la communauté juive, comme des synagogues et des écoles juives. Une décision prise à l’insu de la ministre Verlinden, dont le parti – le CD&V – lie le déploiement de militaires dans les rues à son plan de lutte contre la surpopulation carcérale dont le MR rejette certaines mesures.

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La décision de lundi concerne toutefois la surveillance statique et a été prise sur base d’un article de la loi sur la police qui permet au Commissaire général de faire appel à des militaires si la police ne dispose pas de suffisamment de personnel pour une tâche déterminée, une forme de réquisition, expliquait-on lundi soir. La ministre Verlinden a déjà annoncé lundi qu’elle allait interroger le Commissaire général à ce sujet tout en rappelant qu’elle a elle-même décidé en 2023, lorsqu’elle était au département de l’Intérieur, de déployer davantage de policiers fédéraux auprès des institutions juives.

De sources gouvernementales, on précise que c’est l’article 111 de la loi sur la police qui a été utilisé pour faire appel à l’armée. “Évidemment, vu les circonstances, on ne peut pas refuser”, indique-t-on en rappelant la récente attaque contre la synagogue de Liège. “Une décision gouvernementale n’est pas nécessaire pour répondre à une telle demande”, qui porte uniquement sur la surveillance de sites spécifiques présentant un risque accru.

Il n’en reste pas moins que la ministre de la Justice a bel et bien été mise sur la touche, ce qui soulève logiquement des questions quant à sa position. “Il ne s’agit pas de moi”, a-t-elle assuré mardi dans l’émission “De Ochtend” sur Radio 1. “Chacun doit se regarder dans le miroir et juger de la manière dont nous prenons les décisions au sein du gouvernement”, a-t-elle ajouté en affirmant néanmoins qu’elle s’est toujours montrée “loyale et constructive” et que cela restera le cas.

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Selon Annelies Verlinden, aucune décision n’a par ailleurs été prise concernant le projet du MR de faire appel à des soldats pour lutter contre la violence liée à la drogue dans les grandes villes.

Si le débat sur “la sécurité dans notre pays” doit se poursuivre, la question de la surpopulation carcérale en fait également partie, a expliqué Mme Verlinden. Aujourd’hui, on compte plus de 640 personnes dormant à même le sol dans les prisons. “Je vais continuer à faire pression. Si nécessaire, je serai la dernière à travailler sur ce dossier”, a encore insisté la ministre.

La Belgique risque en effet des astreintes en raison de cette surpopulation carcérale et “ça pourrait atteindre des centaines de millions d’euros”, a-t-elle enfin mis en garde.

Belga

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