Sécurité à Ixelles: Ecolo-Groen déplore le manque d’informations et réclame une commission, le bourgmestre répond
Fusillades, agressions à l’arme blanche, braquage mortel… Depuis le début de l’année, Ixelles a été le théâtre d’une succession d’événements graves, dont plusieurs ont coûté la vie à des personnes. Face à cette situation, le groupe Ecolo-Groen s’inquiète du manque d’informations communiquées tant aux conseillers communaux qu’aux habitants sur les dispositifs de sécurité mis en place et leur efficacité. À l’occasion du conseil communal de ce jeudi 15 octobre, les écologistes ont demandé au bourgmestre Romain De Reusme d’organiser rapidement une commission consacrée à la sécurité à Ixelles. C’est prévu, rétorque ce dernier.
En janvier, une fusillade éclatait chaussée de Wavre. Quelques semaines plus tard, une nouvelle fusillade faisait un blessé à Matonge. En août, un commerçant perdait la vie lors d’un braquage dans ce même quartier. En septembre, deux jeunes étaient agressés à l’arme blanche rue du Parnasse. Et ce lundi, une personne a été tuée par balles rue Wiertz, à proximité du Parlement européen.
“Quand on met tous ces événements bout à bout, cela commence à faire beaucoup. Beaucoup pour les habitants des quartiers concernés, mais aussi beaucoup de questions auxquelles nous n’avons aujourd’hui que très peu de réponses“, constate Aline Lacroix, cheffe de groupe Ecolo-Groen. Cette dernière a interpellé le bourgmestre Romain De Reusme (PS) lors du conseil communal de ce jeudi. “Les conseillers communaux découvrent bien souvent les événements dans la presse, sans disposer ensuite d’informations sur les mesures prises par les autorités locales. Les habitants ne sont pas mieux informés. Bien souvent, les articles de presse constituent leur seule source d’information, sans communication complémentaire des autorités communales sur les réponses apportées ou les dispositifs déployés dans leur quartier.”
Une interpellation qui a étonné le bourgmestre. “Les informations transmises par la presse dont vous avez pu prendre connaissance démontre justement qu’il y a eu une communication puisque ces informations s’adressent à tous les Ixellois et les Ixelloises”, rétorque-t-il. “Cela démontre que la stratégie d’informations au travers des médias, dont c’est le rôle, fonctionne.”
Du conseil de police au conseil communal
La cheffe de groupe Ecolo-Groen a profité de cette interpellation pour demander l’organisation, dans les meilleurs délais, d’une commission réunie du conseil communal consacrée à la sécurité. “Celle-ci permettrait de faire le point sur les dispositifs existants, leur efficacité, les priorités communales et les nouvelles modalités du contrôle démocratique“, détaille-t-elle.
“Je l’ai déjà promise cette commission“, rappelle le bourgmestre. “Je me suis engagé à le faire puisqu’il y aura un addendum au règlement d’ordre intérieur du conseil communal qui sera proposé prochainement et qui va régler la façon dont les questions et les interpellations sur les matières de police vont être posées ici au conseil communal depuis la suppression des conseils de police.”
Suite à la fusion des zones de police, ces conseils qui couvraient plusieurs communes ont été supprimés et leurs compétences transférées aux Collège de police, qui rassemble les bourgmestres des 19 communes bruxelloises. Ce collège doit informer les conseils communaux des décisions prises et les conseillers communaux disposent d’un droit d’interpellation. “On est en train de travailler avec le collège de police sur l’harmonisation de ce dispositif dans tous les conseils communaux puisque c’est ce que la loi nous demande“, ajoute le bourgmestre. “Dès qu’on sera prêt, on viendra avec la proposition d’organisation des débats et, à cette occasion, on fera une commission pour expliquer le texte.”
Les raisons du hotspot rue Gray
Ecolo/Groen s’interroge aussi sur les raisons de la mise en place d’un deuxième hotspot à Ixelles, rue Gray, après celui de Matonge. “Un hotspot ne peut pas être une simple annonce. Nous devons pouvoir comprendre les objectifs poursuivis, les moyens mobilisés et surtout les résultats obtenus. Et les habitants ont eux aussi le droit de savoir ce qui est mis en place pour leur sécurité“, estime la cheffe de groupe.
Pour rappel, les hotspots sont des périmètres dans lesquels les efforts administratifs et policiers sont renforcés pour lutter contre le trafic de drogues et ses nuisances. La consommation d’alcool sur la voie publique y est interdite. Idem pour la vente de boissons alcoolisées à emporter, de 22h à 6h, 7 jours sur 7, à l’exception des débits de boissons, des restaurants et services de livraison. Les services de police peuvent également y mener des opérations de surveillance et des contrôles d’identité sur la voie publique.
► Reportage | Violences liées à la drogue : le quartier Gray, à côté de Flagey, est désormais le 19e hotspot
La Région a décidé d’instaurer ce nouveau périmètre à Ixelles à la demande de la commune. Une demande assumée par le bourgmestre : “Il y a de la vente de stupéfiants dans ce quartier depuis de très nombreuses années. Elle s’est installée durablement et cela porte préjudice aux habitants qui s’en plaignent. Un commerce qui accueillait la vente de stupéfiants a été fermé, des contrôles ont été renforcés et des caméras ont été installées. Malgré tout – parce que c’est très difficile de pouvoir lutter contre ces phénomènes lorsqu’ils s’installent durablement dans les quartier – j’ai demandé au ministre-président d’activer le dispositif hotspot dans cet endroit car il permet de renforcer les contrôles et d’être plus sévère avec les commerçants qui abritent du trafic de drogue. Tous les moyens qui peuvent être mobilisés pour lutter contre la criminalité liée au trafic de drogue le seront et ils le sont.”
►Lire aussi | Bruxelles : 63 % des fusillades de 2026 ont eu lieu hors des hotspots drogue
BX1- Photo : Belga