“Très heureux d’être à nouveau dans le temple” : Thierry Dailly, l’éternel sauveur du RWDM
Écarté quelques jours après avoir ramené le RWDM parmi l’élite en 2023, Thierry Dailly retrouve aujourd’hui la présidence de son club de cœur. À 57 ans, l’enfant de Molenbeek revient là où tout a commencé. Aujourd’hui, le défi est encore plus important que le précédent : sauver une nouvelle fois le club bruxellois du naufrage sportif et financier dans lequel il se trouve.
Thierry Dailly et le RWDM semblent incapables de vivre longtemps l’un sans l’autre. Entre l’entrepreneur molenbeekois et le club du stade Edmond Machtens, l’histoire est faite de passion, de gros sacrifices, de moments de joie et de ruptures douloureuses. “Très heureux d’être à nouveau dans le temple“, indique-t-il lors de sa conférence de presse de retour ce lundi.
En difficultés financières, le club se trouve actuellement en réorganisation judiciaire. Le nouveau président a annoncé ce lundi l’avoir racheté pour un euro symbolique, mais reste la dette de 21 millions d’euros à éponger. “Il faudra discuter et négocier avec tout le monde“, déclare Dailly, lui-même créancier à hauteur de 600.000 euros qui va renoncer à la somme que le RWDM lui doit. “Il faut se donner la chance de sauver le club.”
Sur le plan sportif, le club évolue aujourd’hui en D1 Amateur (D1 FFA), n’ayant pas obtenu sa licence professionnelle en mai dernier. Au niveau du staff, derrière l’entraîneur Christ Bruno, “qui a abattu un travail fou dans des conditions catastrophiques l’année dernière”, le RWDM devra recruter “au moins encore une dizaine” de joueurs, selon son président. “Ce seront notamment des joueurs qui veulent revenir comme l’ont fait les frères Cabeke, ou Vincent Vandiepenbeeck” il y a presque dix ans.
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Le retour aux sources
Né à Molenbeek le 21 août 1968, Thierry Dailly grandit avec le football. Ancien attaquant à l’Union Saint-Gilloise et l’AFC Tubize, il évolue jusqu’en deuxième division avant de se tourner vers le monde des affaires. Son parcours est celui d’un autodidacte. Vendeur de pommes de terre puis de voitures, il trouve ensuite sa voie dans l’immobilier. Malgré cela, le ballon rond ne quitte jamais son esprit.
En 2015, Dailly participe à la renaissance du club. À cette époque le club évoluait en 3e division. Au début, le projet dispose de peu de moyens, mais il peut s’appuyer sur un nom, un stade et une communauté restée fidèle. Dailly affirme avoir investi 100 000 euros de sa poche pour permettre au nouveau RWDM de démarrer.
“Fin 2021, c’était presque vendre ma maison pour continuer. On sortait du Covid, il n’y avait plus d’entrées, plus rien“, confie-t-il dans le podcast Talk Tof en 2025. “J’ai vendu une grande partie de mon patrimoine pour faire survivre le club“, ajoute-il.
Sous sa présidence, le club remonte progressivement les divisions. Dailly ne veut toutefois pas en faire une simple entreprise sportive, mais conserver un esprit familial.
Cependant l’arrivée de John Textor, en janvier 2022, change la dimension du projet. L’homme d’affaires américain prend le contrôle du club, tandis que Dailly demeure président et actionnaire minoritaire. Rapidement, les visions s’opposent : d’un côté, un dirigeant attaché à l’ancrage local ; de l’autre, un investisseur développant un réseau international de clubs à travers la société holding Eagle Football.
Ascenseur émotionnel au RWDM
Le 13 mai 2023 marque le sommet de l’aventure. Champion de Challenger Pro League, le RWDM retrouve l’élite belge après 21 ans d’absence. Dailly parle du plus beau jour sportif de sa vie. Pourtant, quelques semaines plus tard, Textor l’écarte de la présidence sur fond d’accusations liées à sa gestion. Des reproches que le Molenbeekois conteste catégoriquement.
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Trois ans après cette éviction, l’histoire effectue un nouveau détour. Le 1er août 2026, le RWDM officialise le retour de Thierry Dailly à sa tête et la fin du chapitre Eagle Football. Redevenu président et aux commandes du club, il promet de restaurer une gestion saine, de renouer avec les supporters et de reconstruire un projet sportif réaliste.
En 2015, Thierry Dailly avait rendu un club à Molenbeek. En 2026, c’est un club blessé qui revient vers lui. Reste à savoir si l’homme d’une première renaissance pourra en provoquer une seconde.
David Mvano (st.) – Photo : Belga
■ Reportage de Joachim Vincent, Frédéric De Henau et Laurence Paciarelli