Réduction des places d’accueil à Bruxelles: “On va revoir fleurir les tentes, les sacs de couchage, se former des squats, etc.”
La réduction de 1.000 places d’accueil des demandeurs d’asile à Bruxelles va pousser un millier de personnes dans les rues de la capitale, a averti jeudi le directeur de la plateforme citoyenne d’hébergement BelRefugees, Mehdi Kassou.
La ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a annoncé une réduction de 700 places d’accueil dans le Brussels Deal. Le 30 juin, elle avait déjà annoncé la suppression de 300 places. En quelques jours, le dispositif aura ainsi été réduit de moitié.
“En onze ans, je n’ai jamais vu ça“, a expliqué M. Kassou. “Concrètement, cette décision va renvoyer un peu de plus de 1.000 personnes à la rue avec toutes les conséquences que l’on imagine sur l’espace public. On va revoir fleurir les tentes, les sacs de couchage, se former des squats, etc. C’est une décision qui vise à pourrir la situation à Bruxelles, à rendre certains endroits invivables“.
Le directeur de BelRefugees conteste les chiffres avancés par la ministre selon qui le nombre de personnes sur une liste d’attente pour être hébergées dans le réseau Fedasil diminue. Mme Van Bossuyt ne tiendrait compte que des premières demandes d’asile alors que d’autres personnes entrent en ligne de compte: les “dublinés” (personnes entrées en Europe et enregistrées dans un autre pays, en particulier la Grèce et l’Italie), les statuts M (les personnes qui ont reçu une protection internationale dans un autre pays), les sans-papiers qui tentent d’obtenir une régularisation, etc.
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Le “Brussels Deal” a été mis en place en 2022. Le gouvernement fédéral octroie chaque année 42 millions d’euros à la Région bruxelloise pour financer 2.000 places d’accueil pour des demandeurs d’asile en raison de la saturation du réseau de Fedasil, l’agence fédérale en charge de l’accueil des demandeurs. Face aux chiffres qui s’améliorent, la ministre N-VA dit vouloir rester dans ses compétences. Elle n’est pas là pour régler la question du sans-abrisme à Bruxelles.
“Mais le public que l’on retrouve parmi les sans-abris, ce sont des personnes issues de la migration, car la politique migratoire est créatrice de sans-abrisme“, a ajouté M. Kassou.
L’annonce précédente de la ministre fédérale a pour conséquence la fermeture, dès le 1er août, du Centre Amran géré par BelRefugees et qui venait en aide aux mineurs étrangers non accompagnés, un public particulièrement vulnérable. Une vingtaine de personnes perdront leur emploi, “des personnes formées, des professionnels“, regrette M. Kassou. Les différents opérateurs concernés se réuniront pour organiser la façon de gérer la nouvelle annonce… avec la perspective d’une nouvelle crise de l’accueil qui pourrait impliquer de mobiliser de nouvelles capacités d’accueil.
“En juillet et en août, il y a toujours un creux. En septembre-octobre, à la veille de l’hiver, ça remonte. On va aborder l’automne en situation critique“, redoute M. Kassou.
Belga – Photo : Belga Image