“On a besoin d’une personne avec un mandat clair qui peut coordonner toutes ces politiques” : le futur “commissariat” régional aux drogues se précise
La Région bruxelloise a lancé les démarches pour créer un futur “commissariat” régional aux drogues. Reste à définir précisément le rôle de la personne qui en prendra la tête. S’agira-t-il d’un simple coordinateur ou d’un véritable commissaire doté d’un mandat fort ? C’est la question que s’est posée Bonsoir Bruxelles, avec Benjamin Dalle (CD&V) et Aline Godfrin (MR).
Pour Aline Godfrin, la priorité n’était pas de créer une nouvelle administration, mais de mieux articuler les acteurs déjà présents sur le terrain. “On n’a pas besoin d’une administration en plus qui va théoriser ou faire des statistiques”, affirme-t-elle. “On a déjà les services de police, de justice, Safe.brussels et l’Observatoire de la sécurité.”
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Selon la députée MR, la future structure doit avant tout permettre de “mettre tout le monde autour de la table” et de transformer les constats déjà connus en actions concrètes. “Le diagnostic en matière de trafic de drogue, on le connaît. On connaît toutes les faiblesses de la Région bruxelloise.”
Un mandat clair réclamé par le CD&V
Du côté du CD&V, Benjamin Dalle insiste sur la nécessité d’une fonction clairement identifiée. “Le ministre-président a assuré qu’il prendra le lead politique sur la matière”, rappelle-t-il. “Mais il faut une personne avec un mandat clair qui peut coordonner toutes ces politiques.”
Pour le député, la complexité du dossier justifie l’existence d’une fonction dédiée. La lutte contre le trafic de drogue ne se limite pas aux questions de police et de sécurité. Elle implique également la prévention, l’accompagnement des personnes dépendantes et les soins de santé, avec une multitude d’institutions concernées.
“La lutte contre la drogue à Bruxelles n’est pas un travail à temps partiel”, avait-il déjà déclaré lors des discussions sur le projet.
Faire le lien entre sécurité et accompagnement
L’un des objectifs du futur commissariat sera précisément de rapprocher des acteurs qui travaillent encore trop souvent en parallèle. “Il y a beaucoup d’initiatives qui sont excellentes à Bruxelles”, souligne Benjamin Dalle, citant notamment plusieurs associations actives dans l’accompagnement des toxicomanes. “Mais ce qui manque, c’est la coordination.”
Selon lui, “le monde de la justice et de la police” reste aujourd’hui trop éloigné de celui du suivi médical et social. Le futur commissaire ou coordinateur devra donc créer des ponts entre ces différents secteurs.
Passer du diagnostic à l’action
Aline Godfrin partage ce constat. Pour elle, l’enjeu principal est désormais opérationnel. “La fonction de commissaire va servir à mettre en place des actions supplémentaires”, explique-t-elle.
La députée estime que certaines problématiques sont déjà bien identifiées, notamment dans les hotspots liés au trafic de stupéfiants. “Il faut travailler avec tous les acteurs et résoudre sur le terrain ce problème endémique qui pourrit finalement la ville de Bruxelles.”
Une fonction encore à définir
Si le recrutement a été lancé, plusieurs questions restent ouvertes : le futur responsable sera-t-il un commissaire indépendant ou un coordinateur intégré à Safe.brussels ? Quelle sera exactement sa marge de manœuvre ?
Sur un point toutefois, majorité et CD&V semblent se rejoindre : la future structure ne devra pas dupliquer les dispositifs existants, mais améliorer la coordination entre les nombreux acteurs déjà mobilisés dans la lutte contre le narcotrafic à Bruxelles.
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