Musée du Chat : douze ans de retards, de surcoûts et d’obstacles
Philippe Geluck abandonne son musée rue Royale après des années de retards et une facture passée de 11,7 à 17 millions d’euros.
En 2018, tout sourire, Philippe Geluck présentait son musée du Chat, dont la Région venait tout juste de valider le budget. C’est rue Royale, que le musée devait ouvrir ses portes en 2023. “Il y aura Kroll et du Kamagurka pour les Belges, et il y aura tous les internationaux aussi. Il y aura aussi un espace dédié à l’animal chat, cette fois”, décrivait alors à BX1 le dessinateur Philippe Geluck.
Le partenariat public-privé, bien engagé, a été semé d’embûches : aux fil des années, les retards se sont accumulés. Fouilles archéologiques, vétusté des murs et problèmes de coordination… c’en est trop : Philippe Geluck annonce, ce vendredi, la fin du projet. “Je sais que c’est inattendu, mais je vous assure que porter un éléphant sur les épaules, c’est parfois un peu douloureux”, se justifie-t-il.
En plus des retards, le musée fut éclaboussé par une petite polémique : en 2021, alors que débutaient les travaux, une pétition a été lancée contre le musée. Finalement, la polémique s’est rapidement essoufflée.
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Confiant, en 2021, le papa du Chat avait vendu ses statues pour financer le musée. Justement : aujourd’hui, c’est l’aspect financier qui le pousse à arrêter. La facture de son ASBL a explosé pour atteindre les 7 millions d’euros. “Les budgets que nous avons estimés en 2017, je ne vous cache pas qu’ils ont considérablement augmenté. Les devis, les prévisions ont pratiquement doublé”, explique Philippe Geluck.
À cause de l’inflation ou des crises internationales, le coût global du projet, prévu à 11,7 millions a atteint les 17 millions d’euros.
Après 12 ans d’investissement et de défis, Philippe Geluck se retire du projet.
La Région ne renonce pas pour autant à ouvrir un musée dans la rue Royale. “Je ne peux encore rien vous dire de ceux qui vont, peut-être, prendre notre place, mais ils sont très motivés, très enthousiastes. Ils sont en relation avec la Région. Je les ai fait se rencontrer”, glisse Philippe Geluck.
L’artiste voudrait tout de même ouvrir son musée de façon plus modeste.
■ Reportage de Charlotte Verbruggen et Stéphanie Mira