Les élèves et enseignants inquiets du flou autour de la rentrée de septembre
La fin d’année scolaire approche et la rentrée se prépare déjà dans les écoles, mais le décret programme voté il y a plusieurs jours perturbent les préparations. Et surtout, il instaure un flou dans les horaires.
À l’Institut des Filles de Marie à Saint-Gilles, les élèves suivent leurs derniers cours avant les examens. Si certains sont annulés, ce n’est pas le cas pour toutes les matières. L’examen de français, par exemple, est maintenu. Mais au-delà des examens, c’est déjà la rentrée de septembre qui entraîne son lot d’interrogations. “Savoir si je vais faire des études ou pas, savoir si mes camarades vont avoir les moyens parce que certains sont dans des familles nombreuses, ça va donc être très compliqué pour eux“, s’inquiète Maya Hammou, élève de 5e secondaire.
► Interview | Valérie Glatigny : “Des économies ne font plaisir à personne, mais nous n’avions plus le choix”
Des inquiétudes partagées par leurs enseignants. Isabelle Vanderheyden, enseignante de français, est nommée et bénéficie donc d’une certaine garantie pour son poste. Son horaire et ses attributions risquent pourtant de changer en septembre. Elle prépare donc la rentrée dans le flou. “Je ne sais pas ce que je fais en septembre“, explique-t-elle. “Le risque est que ce soit à la rentrée qu’il faille tout d’un coup construire un nouveau cours dans l’urgence. Ce n’est ni bon pour nous ni pour les élèves.”
Pour rassurer les professeurs, le directeur de l’école – responsable de 120 enseignants – fait ce qu’il peut. Mais le décret voté tardivement dans l’année et tous les changements qu’il entraîne complique son travail. “Est-ce que l’enseignant aura un horaire complet ? Est-ce qu’il va perdre quelques heures ? Est-ce qu’il va devoir changer d’école ? Cela reste complexe, donc il faut être là pour donner cet espoir. Espoir qu’il n’y a plus beaucoup pour le moment“, déplore Johann Dizant.
Les équipes dénoncent un délai trop court pour mener à bien la préparation de la rentrée. Les mobilisations continuent donc. À voir si l’été calmera le jeu.
► Notre dossier Colère des enseignants
■ Reportage de Claire Vermeulen et Yannick Vangansbeek