“On continuera à se battre” : malgré un vote annoncé, la mobilisation étudiante ne faiblit pas
À la veille du vote du décret-programme de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la mobilisation contre la réforme du décret Paysage reste forte. Étudiants du secondaire et de l’enseignement supérieur dénoncent des mesures qu’ils jugent pénalisantes pour les jeunes et promettent de poursuivre le combat, même en cas d’adoption du texte. Invités dans Bonsoir Bruxelles, Lénaïk Dumont, responsable campagne de la Fédération des étudiants francophones (FEF), Quaïs Ahmadi, délégué des élèves du Lycée Émile Max, et Lola Braye Chabbert, élève en rhéto à l’Athénée Charles Janssens, ont exprimé leurs inquiétudes.
Pour la FEF, la réforme s’inscrit dans une logique budgétaire qui fait peser les efforts sur les étudiants. “Il faut plutôt se poser la question de savoir si on ne doit pas investir dans notre jeunesse”, estime Lénaïk Dumont, responsable campagne de la FEF. Elle critique notamment l’augmentation annoncée du minerval et les mesures touchant les étudiants en difficulté. “Nous, on veut un enseignement public, gratuit et de qualité.”
► Lire aussi | Les enseignants appelés à débrayer ce jeudi pour contester le vote du décret-programme
La responsable étudiante rejette l’idée même d’économies dans l’enseignement. “Pour nous, il ne faut pas du tout faire des économies sur l’enseignement. Justement, il faudrait investir dans l’enseignement.”
Une mobilisation qui pourrait se prolonger
Alors que le vote semble de plus en plus probable, les organisations étudiantes ne comptent pas abandonner. “On espère d’abord être entendus et que notre mobilisation soit prise en compte”, explique Quaïs Ahmadi, délégué des élèves du Lycée Émile Max. Mais si le texte est adopté, le message est clair : “On continuera nos mobilisations dès septembre et on continuera à se battre pour nos droits.”
Même détermination du côté de la FEF. “Bien sûr que la mobilisation peut reprendre à la rentrée”, assure Lénaïk Dumont. Parmi les revendications : un minerval gratuit, davantage de bourses d’études et un renforcement des aides sociales pour les étudiants.
Un sentiment d’impuissance face au pouvoir politique
Chez certains élèves mobilisés, c’est aussi la méthode employée par le gouvernement qui suscite l’incompréhension. “Je pense qu’on est tous un peu perdus”, confie Lola Braye Chabbert, élève en rhéto. “On a un gouvernement qui prend des décisions en contournant le règlement. Nous, on a un règlement, on doit le respecter. Si on ne le fait pas, on a des sanctions.”
► Lire aussi | “Nos institutions sont attaquées”: l’ensemble de l’opposition réclame la démission du président du parlement de la FWB
L’élève se dit choquée par les événements récents au Parlement. “Je trouve ça honteux, c’est historique, ça n’a presque jamais été fait.”
L’espoir d’un report des mesures
Si le vote devait avoir lieu, les opposants espèrent encore obtenir des aménagements. Lénaïk Dumont rappelle que la mobilisation avait déjà permis d’obtenir par le passé un moratoire sur certaines dispositions du décret Paysage. “Ça a sauvé de nombreux étudiants qui n’étaient plus finançables et qui ont pu finir leurs études.”
Pour elle, un nouveau report pourrait constituer une première victoire, avant de poursuivre le combat sur le fond.
► Lire aussi | Le collectif Mars Attacks maintient la pression, malgré un vote du décret-programme attendu ce jeudi
Malgré l’incertitude qui entoure l’issue du vote, les étudiants affichent donc leur volonté de rester mobilisés. Un message qui dépasse la seule question du décret Paysage et pose plus largement celle du financement et de l’accessibilité de l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles.