Enseignement : le PS, Ecolo et le PTB demandent la démission du président du Parlement de la FWB
Manon Vidal était l’invitée de Bonjour Bruxelles et a répondu aux questions de Fabrice Grosfilley.
La colère continue de monter dans le monde de l’enseignement. Les restrictions budgétaires imposées au secteur font l’objet d’une importante mobilisation depuis plusieurs semaines. Après diverses actions menées ces derniers mois, c’est désormais la tenue des examens de fin d’année qui pourrait être perturbée dans certains établissements de Wallonie et de Bruxelles.
Pour la députée PTB Manon Vidal, cette mobilisation témoigne de l’ampleur du malaise. “Il est important de rappeler qu’on n’avait plus connu une telle mobilisation depuis 30 ans”, estime-t-elle. L’élue est notamment revenue à plusieurs reprises sur l’une des réformes les plus contestées. “Désormais, deux parents qui travaillent pourraient devoir payer un minerval de 1.200 euros. Ce n’est pas normal alors qu’auparavant, il se situait entre 300 et 400 euros.”
“Un passage en force”
Dans la nuit de lundi à mardi, la commission du Budget du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé le projet de décret-programme contenant une série de mesures d’économies. Le texte n’a toutefois pas encore été renvoyé en séance plénière pour son adoption définitive.
Manon Vidal dénonce la méthode employée par la majorité. “Le MR et Les Engagés sont passés en force, sans véritable concertation et de manière antidémocratique”, affirme-t-elle. “Personne n’a voté pour ces partis afin qu’ils augmentent le minerval à 1.200 euros. Personne n’a voté pour eux afin qu’ils suppriment autant de postes dans l’enseignement. Depuis lundi, nous sommes entrés dans une séquence totalement lunaire.”
Pourquoi parle-t-elle d’un fonctionnement antidémocratique ? “L’opposition avait demandé le dépôt d’amendements ainsi que la consultation du Conseil d’État. Cela aurait eu pour conséquence de reporter le vote. Selon nous, leur texte comporte de nombreuses failles juridiques. C’est aussi ce que dénoncent les acteurs de terrain à travers les grèves. Malgré cela, la majorité refuse de respecter les règles habituelles.”
“Ils se pensent au-dessus des règles”
La députée PTB formule d’autres critiques à l’égard de la majorité. “Avec les autres partis d’opposition, nous avons voulu déposer un nouvel amendement concernant le minerval. Le MR et Les Engagés ont bloqué cette procédure. Ils n’ont pas respecté le règlement. Ils se comportent comme s’ils étaient au-dessus des règles.” Elle poursuit : “Jeudi, ils veulent faire adopter le texte sans attendre l’avis du Conseil d’État. Pourtant, on constate sur le terrain une opposition massive à ces réformes. Normalement, le projet de décret-programme ne peut en effet être réglementairement débattu en séance plénière qu’au moins 84h après approbation du rapport précité en Commission budget, soit au plus tôt le dimanche 7 juin. Ils passent outre. C’est du jamais vu.”
Mardi soir, Ecolo a demandé la démission du président de la commission, Benoît Dispa, l’accusant de multiplier les passages en force afin d’accélérer l’adoption du décret-programme. Le PTB partage cette analyse. “Bien sûr que nous sommes sur la même ligne”, affirme Manon Vidal. “Lorsqu’on ne respecte pas le règlement, cela pose une question de légitimité.”
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Dans la foulée, le PS a également demandé la démission de Benoit Dispa ce mercredi. “MR et Engagés convoquent de manière illégale une séance plénière en extrême urgence. Il s’agit d’un précédent extrêmement grave pour nos institutions démocratiques, qui emporte une rupture de confiance totale et irrémédiabl”, précisent les socialistes.
“Aucun besoin de voter dans l’urgence”
En conclusion, la députée estime qu’il n’existe aucune justification à une adoption rapide du texte.
“Il n’y a aucune urgence à voter ce décret. Le MR et Les Engagés accélèrent le calendrier malgré les inquiétudes exprimées par les acteurs du secteur.” Selon elle, une seule solution s’impose : “Il faut reporter cette réforme d’au moins un an afin de pouvoir la préparer correctement. La prochaine rentrée scolaire a lieu dans deux mois. Il est impossible de mettre en œuvre de tels changements dans un délai aussi court.”
- Une interview de Manon Vidal par Fabrice Grosfilley dans Bonjour Bruxelles