Au Collège Saint-Michel, certains élèves ne devront pas passer d’examens
Attendu le 27 mai, le vote du train d’économies visant l’enseignement a été reporté au mois de juin. Dans la foulée, les syndicats enseignants ont prolongé leur préavis de grève jusqu’au 10 juillet. Des actions sont déjà programmées dans certaines écoles et l’incertitude sur l’ampleur de la mobilisation a des conséquences sur l’organisation des examens. Au Collège Saint-Michel à Etterbeek, une première décision a été prise: exempter de session les élèves sans échec.
“La volonté de la direction, en concertation avec les enseignants grévistes et non-grévistes, c’est de pouvoir organiser une session d’examens encadrée. C’est-à-dire de garantir aux élèves une organisation sans anicroche. L’organisation des examens, ça commence une semaine avant, par des révisions. En conséquence, on doit réduire le nombre d’élèves que l’on va devoir interroger pour être sûr d’assurer un cadre minimal. La première décision prise, et la seule à ce jour, c’est de dire que les élèves qui n’avaient présenté aucun échec, toutes matières confondues, ne devraient pas présenter la session d’examens. Ca va représenter peut-être 20% des effectifs“, nous détaille Benoît Gallez, directeur de la section secondaire du Collège Saint-Michel.
“Et puis après ça, on est en train de voir d’autres cas de figure. Donc on interroge tous nos professeurs pour qu’ils déterminent dans chaque branche les élèves qui ont réussi dans leur matière. Et on verra si on doit mettre d’autres curseurs: est-ce qu’on organisera des examens pour les matières dans lequel l’élève est en échec, est-ce que les élèves qui n’ont qu’un échec dans une seule matière ne devront pas présenter les examens et benéficieront d’un moyen de remédiation à la rentrée… On doit encore le déterminer. La décision de la direction n’est pas de supprimer les examens, c’est de la rendre organisable. On reste encore dans l’incertitude et dans l’attente du retour des professeurs qui nous diront: est-ce que dans ma matière, à ce stade-ci de l’année, tel élève a réussi ou pas. En fonction des données et de ce qui est gérable, nous prendrons une décision définitive lundi. ”
Les épreuves externes certificatives (comme le CE1D et le CESS en secondaire) sont bien entendu maintenues. A l’exception de celles-ci, l’organisation d’autres évaluations de fin d’année relève de la liberté des établissements et n’est donc pas imposée.
■ Reportage de Gilles Chevalier
“Quand un enfant a fait sa scolarité jusqu’au mois de mai et qu’il est absent tout le mois de juin, il rate son année ? Non. Pourquoi ? Parce que le conseil de classe tient compte des circonstances exceptionnelles et (évalue) au cas par cas“, illustrait ce mardi le secrétaire général de la CSC -Enseignement, Roland Lahaye.
Le report vendredi du vote au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles des mesures d’économies dans l’enseignement prévues par le gouvernement MR-Engagés a entraîné la prolongation par les syndicats de leur préavis de grève jusqu’au 10 juillet. Ce report du vote est dû à des demandes d’avis au Conseil d’État réclamées par l’opposition de gauche. La prolongation du préavis a été approuvée à l’unanimité par les assemblées générales des régionales syndicales, selon Roland Lahaye. “La fin de l’année pour eux ne représente à la limite pas grand-chose par rapport au fracas qui est annoncé dans l’enseignement. Ce n’est pas que nous soyons prêts à sacrifier la fin de l’année, mais on nous impose de la sacrifier, c’est un choix du gouvernement“, a-t-il ajouté, nuançant ce propos en rappelant la liberté des établissements d’organiser ou non des évaluations. “Les grévistes pensent surtout à l’avenir des élèves et à la qualité des enseignements”, selon le dirigeant syndical.
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