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Quartier Nord : un premier bilan encourageant de la fermeture nocturne des établissements

Le premier bilan des effets de l’ordonnance de fermeture administrative nocturne entre 1h et 6 h du matin dans le Quartier Nord donne des résultats encourageants, en particulier durant cette tranche horaire, ont indiqué mercredi, les autorités communales de Schaerbeek et de Saint-Josse Ten Noode.

■Reportage de Thomas Dufrane et Nicolas Scheenaerts

L’opération est menée en collaboration avec la zone de police Bruxelles-Nord et le Programme de Prévention Urbaine (PPU) de Schaerbeek. Sur le plan de la sécurité, les analyses de la police mettent en évidence une “diminution significative” des faits les plus graves commis durant la nuit, avec une diminution de 37% des faits de vols avec violence au cours du mois d’avril à Schaerbeek (par rapport aux trois premiers mois de l’année).

De manière plus globale, le mois écoulé confirme une baisse des faits graves commis de nuit dans le périmètre du Quartier Nord. Pour ce qui est des coups et blessures, si 20 % de ces faits répertoriés dans le périmètre avaient lieu dans la tranche horaire de 1 à 6h pour le premier trimestre 2026, le ratio est descendu à 11,5 % pour le mois d’avril.

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Ces constats sont corroborés par les retours du Programme de Prévention Urbaine (PPU). Les premières analyses issues des signalements effectués via la plateforme Fix My Street par les Gardiens de la paix indiquent une diminution des incidents au cours des 19 premiers jours d’avril par rapport à la même période en mars, avec une baisse de 25 % pour les faits liés à la prévention urbaine et de 50 % pour ceux relevant de la propreté publique.

Du côté de Schaerbeek, on souligne que ces données doivent être interprétées avec prudence, aucun lien de causalité direct ne pouvant à ce stade être établi avec les mesures en vigueur, notamment en raison des horaires de présence des équipes sur le terrain.

Par ailleurs, les acteurs du secteur social et de la santé observent un apaisement en matinée, même si les dynamiques habituelles reprennent en cours de journée. La mesure bénéficie aussi d’un très bon niveau de respect par les commerçants du quartier: seuls deux établissements ont fait l’objet d’une verbalisation depuis son entrée en vigueur. Une évaluation approfondie sera réalisée durant la deuxième moitié du mois en cours sur base de données consolidées.

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Si les incidents survenus entre 1 heure du matin et 6 heures du matin ont diminué selon la police et le bourgmestre, le quartier peut encore être dangereux pendant la journée, si l’on en croit les commerçants. Certains de ceux-ci ont témoigné mercredi auprès de l’agence Belga, de vols commis en plein jour, ou d’une bagarre sur le trottoir plus tôt dans la semaine, à 20 heures. La semaine dernière, la présence d’un homme inconscient, grièvement blessé et ensanglanté a été constatée sur les marches, à l’entrée de la gare du Nord, en plein jour.

Samir, un commerçant de la rue de Brabant, affirme ainsi que la situation dans le quartier n’est pas devenue plus vivable. “La police doit être plus présente. Ce n’est pas normal que les travailleurs du sexe doivent fermer boutique pour quelque chose dont ils ne sont pas responsables“, a-t-il dit.

Les rues du quartier sont désormais un peu plus propres qu’auparavant. Les dealers sont toutefois toujours nombreux dans le quartier; ils se tiennent aux entrées de la gare du Nord, dans la rue d’Aerschot, et font signe aux passants en sifflant. Pour les commerçants, le quartier reste un haut lieu du trafic de drogue, à défaut d’une solution globale durable qui se fait attendre.

Selon Daan Bauwens, directeur de l’Union des travailleurs du sexe (Utsopi), la situation dans la rue d’Aarschot s’est bel et bien améliorée. “Mais nous recevons des informations contradictoires concernant d’autres rues du quartier où le travail du sexe est pratiqué“.

M. Bauwens affirme également que la première baisse des chiffres relatifs aux incidents violents survenant la nuit “repose uniquement sur les signalements”. “Or, beaucoup de gens ne contactent pas toujours la police. C’est un angle mort, il faut rester prudent avant de tirer des conclusions”.

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Utsopi continue de dénoncer le fait que les travailleurs du sexe sont les victimes de la situation. “Les travailleurs du sexe qui effectuent normalement des services de 12 heures ne peuvent désormais travailler que 10 heures par service. Mais le prix de la location d’une vitrine, soit 250 à 300 euros par service, reste le même. Il y a donc de toute façon une perte de revenus“, a expliqué Daan Bauwens.

Selon le directeur d’Utsopi, une éventuelle prolongation de la mesure temporaire n’est pas une solution structurelle au problème. “Les travailleurs du sexe ne sont pas responsables de la consommation de drogue dans le quartier dont ils subissent eux-mêmes les nuisances. D’autres solutions s’imposent de toute urgence. À ce jour, aucun plan global, élaboré en concertation avec la société civile, n’a encore vu le jour“, a-t-il insisté.

 

Belga

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