Double agression à l’ULB: la procureure soutient la thèse de l’agression antisémite
Tant la procureure du Roi que les parties civiles ont défendu mardi auprès du tribunal de première instance de Bruxelles que le prévenu T.B. avait porté des coups et blessures à la victime, G.D., pour un motif antisémite le 7 mai 2024, devant le bâtiment B de l’ULB.
Pour soutenir son accusation, la représentante du ministère public s’est appuyée sur les déclarations du plaignant, qui a confirmé à l’audience mardi que le prévenu l’avait insulté de “sale juif” avant de le pousser violemment. La procureure a aussi cité les déclarations d’un témoin présent le soir des faits, à proximité de l’altercation entre T.B. et G.D.
La séquence, qui a duré moins de 10 secondes, a été visionnée par le tribunal mardi. On y voit un homme masqué et cagoulé, T.B., qui pousse G.D. Le clip vidéo, qui provient des caméras de surveillance de l’ULB, ne contient pas de son.
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T.B. reconnaît avoir poussé G.D., mais conteste l’accusation d’antisémitisme. Ancien coprésident du l’Union des étudiants juifs de Belgique (UEJB), G.D. était présent sur le campus de l’ULB le 7 mai 2024, premier jour de l’occupation du bâtiment B par un mouvement étudiant et pro-palestinien demandant le boycott d’Israël vu le génocide en cours à Gaza. Il affirme qu’il se dirigeait vers le parking du campus pour y retrouver son véhicule, lorsqu’il s’est approché du bâtiment B avec des manifestants pro-Israël, qui portaient des drapeaux de l’État hébreu aux épaules et qui filmaient les manifestants pro-Palestine.
La procureure a requis 15 mois de détention conte T.B., qui est poursuivi pour des coups et blessures contre G.D., mais également E.L., directeur de la sécurité de l’ULB. Elle ne s’oppose pas au sursis.
L’ULB demande une condamnation sévère
Partie civile au procès, l’ULB a demandé au tribunal d’être plus sévère que les instances disciplinaires de l’université l’ont été à l’égard du prévenu T.B. en décembre 2025.
Vu les éléments nouveaux ressortis du débat mardi, l’avocate de l’ULB a estimé que le tribunal devait reconnaitre des circonstances aggravantes aux coups portés par T.B. sur G.D, l’une des deux victimes de ce dossier.
L’avocate a relevé le fait que les deux étudiants avaient fréquenté la même école secondaire à Bruxelles, que le prévenu a changé de version des faits en cours d’instruction et qu’il ne savait pas que G.D. avait été interviewé par un média devant le bâtiment B de l’ULB quelques heures avant son agression. Ces trois éléments alourdissent le dossier de T.B., d’après l’ULB qui ne disposait pas de ces éléments de contexte en 2025.
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En décembre 2025, la commission disciplinaire de l’ULB avait décidé d’exclure T.B. pour un mois suite aux coups portés sur deux victimes le 7 mai 2024, G.D. et E.L.
Ce jour-là, des étudiants (dont T.B.) avaient démarré une occupation d’un bâtiment de l’ULB pour dénoncer le génocide palestinien à Gaza. G.D., alors co-président de l’Union des étudiants juifs de Belgique (UEJB), s’est exprimé face caméra pendant la journée. En cours de soirée, des militants pro-Israël ont fait irruption devant l’occupation et G.D. se trouvait avec eux.
La défense du prévenu développera ses arguments le 19 mai à 14:00.
Belga