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Bruxelles, une région de plus en plus inégalitaire: ce que révèle le dernier baromètre social

La pauvreté et les inégalités sociales restent structurelles à Bruxelles et pourraient encore s’aggraver dans les prochaines années, sous l’effet des réformes et des crises récentes, selon le Baromètre social 2025.

En région bruxelloise, la pauvreté s’intensifie. Le risque de pauvreté touche plus d’un quart de la population (26%), selon le dernier baromètre social publié par l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles. Ce chiffre est également bien plus important que dans les autres régions : 8 % en Flandre et 13 % en Wallonie (11 % pour le pays tout entier).

Selon ce nouveau Baromètre social, six des dix communes aux revenus les plus modestes en Belgique se trouvent en Région bruxelloise : Saint-Josse-ten-Noode, Molenbeek-Saint-Jean, Anderlecht, Koekelberg, Schaerbeek et Bruxelles-ville.

► Voir notre reportage | La Région bruxelloise compte plus de travailleurs pauvres qu’on ne le pensait

L’étude met aussi en évidence le fait que les revenus des Bruxellois ont augmenté moins vite qu’ailleurs en Belgique. Concrètement, le revenu moyen est passé de 10 % en dessous de la moyenne belge en 2000 à près de 20 % en dessous en 2022.

Explosion du recours à l’aide sociale

L’évolution la plus marquante de ces dernières années concerne les bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (RIS). Ils étaient 47 304 le 1er janvier 2025, contre 45 616 en Flandre, alors que sa population est cinq fois moindre (en Wallonie, ils étaient 77 207). Le baromètre évoque une augmentation de 66% du nombre de personnes percevant un RIS du CPAS en région bruxelloise entre janvier 2013 et janvier 2025. Le nombre de personnes bénéficiant d’une allocation de chômage a baissé de 35 %.

Le nombre de jeunes adultes Bruxellois (18-24 ans) bénéficiant du CPAS a doublé entre 2013 et 2025 (8 511 à 17 116), tandis que les allocations de chômage pour cette tranche d’âge ont chuté de 75 %. En janvier 2025, 15 % des 18-24 ans dépendaient du CPAS alors que seulement 1 % percevaient une allocation de chômage.

À Molenbeek ou Saint-Josse, plus d’une personne sur dix, âgée de 18 à 64 ans, perçoit un RIS. Ce pourcentage est très variable en région bruxelloise : les bénéficiaires ne représentent que 2 % des habitants de Woluwe-Saint-Pierre et 3,6 % à Uccle.

Avec la réforme des allocations de chômage, l’Observatoire s’attend à ce que dans les prochains mois, pour la première fois, le nombre de bénéficiaires dépasse celui des chômeurs indemnisés

Un accès au logement difficile

L’Observatoire évoque aussi la grande pauvreté, également en hausse : il y avait, le soir du 6 novembre 2024, 9 777 personnes sans-abri ou mal logées, selon Bruss’help. 36 % d’entre elles étaient en rue ou en centre d’hébergement d’urgence. Leur nombre a augmenté de 25% en deux ans.

Pour de nombreux Bruxellois, l’accès au logement est difficile : 20% des habitants les plus pauvres consacrent plus de 50% de leur revenu au logement. En 20 ans (entre 2004 et 2024), le loyer moyen a augmenté de 19 %. En région bruxelloise, 64 % des ménages sont locataires. La hausse du nombre de demandes pour un logement social se poursuit, mais pas le développement de l’offre : “Le nombre de ménages sur liste d’attente pour un logement social atteint 55 572 ménages au 1er janvier 2025”.

Des conséquences sur l’espérance de vie

Les situations sociales défavorables ont des conséquences sur la santé des Bruxellois. Bien que l’espérance de vie à la naissance soit plus élevée à Bruxelles qu’en Wallonie (mais inférieure à la Flandre), le baromètre pointe des disparités importantes entre les communes de la région : “Pour les hommes, l’espérance de vie varie de
76,3 ans à Saint-Josse-ten-Noode à 83,0 ans à Woluwe-Saint-Pierre. Pour les femmes, celle-ci varie de 82,1 ans à Anderlecht à 87,7 ans à Woluwe-Saint-Pierre

► Lire aussi |GIBBIS veut renforcer l’espérance de vie de dix ans à l’horizon 2050 à Bruxelles

Les maladies chroniques sont, de loin, les principales causes de mortalité. Elles ont également un impact important sur la qualité de vie. Pour l’étude, “la prévalence des maladies chroniques est un indicateur important du niveau de santé (mauvaise) de la population“.

L’Observatoire a choisi le diabète pour illustrer son propos : “6,6 % de la population bruxelloise (couverte par une mutualité belge) souffrent de diabète (et sont traitées) en 2023.” La proportion de personnes atteintes de diabète est systématiquement plus élevée lorsque le niveau de revenu est plus faible. Ainsi, “la prévalence est nettement plus élevée à l’ouest du canal et dans le croissant pauvre de la région“. 30 % des personnes de plus de 65 ans les plus pauvres souffrent de diabète, soit un taux trois fois supérieur à celui des plus aisées.


De nombreux ménages bruxellois (16%) déclarent avoir reporté des soins de santé pour des raisons financières. Ils sont plus nombreux qu’en Flandre.

Des perspectives inquiétantes pour la région

Ces dernières années, les crises successives ont fortement fragilisé Bruxelles, déjà marquée par une pauvreté élevée. Pour l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles, la réforme du chômage entrée en vigueur cette année risque d’accroître la précarité de nombreuses personnes et creuser les inégalités entre communes.

La précarité d’une frange de la population déjà fragilisée risque d’augmenter en région bruxelloise, où les marqueurs de pauvreté sont élevés et en progression.

Maxime Dieu – Photo : Belga Image

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