“La sécurité dans l’espace public est une responsabilité collective” : Auderghem lance un dispositif de lutte contre le harcèlement de rue
A partir de ce jeudi 5 mars, 13 lieux accueilleront les personnes victimes de harcèlement de rue dans les alentours de la station de métro Hankar.
Le sentiment d’insécurité dans l’espace public touche en priorité les personnes les plus vulnérables, en particulier les femmes et les jeunes. Pour répondre à ce constat, la commune d’Auderghem lance un dispositif pilote de lutte contre le harcèlement de rue baptisé “Safe Places”. “Nous avons voulu dépasser les limites observées ailleurs et proposer un dispositif concret, ancré dans la réalité du terrain, accessible au moment où les personnes en ont réellement besoin”, explique la bourgmestre Sophie de Vos dans un communiqué.
Les enquêtes de terrain menées par la Maison de la Prévention d’Auderghem ont identifié plusieurs endroits où ce sentiment d’insécurité se concentre, notamment à proximité de certaines stations de métro, dont celle de Hankar. Dix commerçants et trois institutions volontaires qui disposent d’une large plage horaire ont rejoint ce dispositif. Formés par des intervenants de PsyBru, ils pourront offrir un soutien aux personnes confrontées à un sentiment d’insécurité en leur proposant “un lieu sûr, une écoute, un verre d’eau, de l’aide pour contacter un proche ou, si nécessaire, les services de police”.
“Les commerçants sont des spectateurs privilégiés du quotidien du quartier”
Pour Mourad Daoudi, chef de service de la Maison de la Prévention, il est important de souligner que les commerçants ont immédiatement adhéré au projet : “Nous n’avons pas eu besoin de les convaincre : ils ont tout de suite compris le bien-fondé du projet. La quasi-totalité avait déjà eu à gérer ce genre de situation. Ce sont des spectateurs privilégiés du quotidien du quartier. Ils savent ce qu’il s’y passe et ont bien compris que la sécurité en rue est une responsabilité collective.” À partir du 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, une campagne de sensibilisation et un fléchage au sol permettront d’identifier facilement les commerces partenaires.
La zone de police est également impliquée dans le projet. Des procédures ont été mises en place afin de traiter prioritairement les situations signalées par les commerçants.
Un projet qui pourrait être étendu
Des initiatives similaires ont vu le jour à Namur et Schaerbeek, mais le projet à Auderghem pourrait, à terme, être étendu à d’autres quartiers : “L’objectif est d’évaluer le fonctionnement du dispositif avant d’envisager son extension, selon la même logique de maillage local et de ciblage des zones identifiées comme sensibles”, précise la bourgmestre. “La sécurité dans l’espace public est une responsabilité collective. Ce dispositif repose sur une coopération étroite entre les commerçants, la police locale et les services communaux. Il vise à offrir une réponse rapide, coordonnée et adaptée aux situations de harcèlement ou d’insécurité”, conclut Sophie de Vos.
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BX1 – Photo : commune d’Auderghem