Catherine Moureaux évoque son absence pour cause de burnout : “C’est un défi collectif”
Après plusieurs mois de convalescence, la bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean, Catherine Moureaux (PS) a repris ses fonctions à la tête de la commune.
La bourgmestre avait suspendu ses activités au début du mois de février de l’année dernière à cause d’un “épuisement professionnel sévère”. En d’autres termes, elle souffrait d’un burnout assez important. “C’était vraiment un épuisement total. Je n’avais plus aucune ressource. Même en dormant beaucoup, cela ne suffisait pas. Au moment du diagnostic, je pensais que j’allais très vite revenir. Puis j’ai culpabilisé de ne pas aller au travail et cela a empiré. Ensuite, je me suis documentée pour tenter de comprendre.”
En écoutant des spécialistes, elle a su mettre des mots sur sa maladie. “Le burnout menace près de 20 % des travailleurs en Belgique selon les experts”, poursuit la socialiste. “Je ne le percevais pas comme un défi personnel, c’est un phénomène et un défi collectif.”
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Médecin de formation, Catherine Moureaux a aussi levé le voile sur le métier usant de bourgmestre. “On est accessible 24 heures sur 24, sept jours sur sept. J’ai 10 000 citoyens sur 100 000 qui ont mon numéro. L’une des premières choses que j’ai faites lorsque j’ai compris ce qui m’arrivait, c’était de dissocier mon téléphone privé et professionnel. On attend toujours de nous d’être présents et de répondre instantanément. La pression est très importante, et plus particulièrement à Molenbeek. Notamment avec la polarisation qui est effectuée par le président du MR.”
Une polarisation qui l’a beaucoup touchée. “C’est une posture de discours, comme une technique marketing, et cela amène une négation du réel. Aujourd’hui, je suis un peu guérie de cela. Je veux défendre les personnes qui habitent dans ma commune et témoigner de leurs conditions de vie.”
Le budget, la priorité
Sans elle, la continuité de la tâche de bourgmestre a été assurée par Amet Gjanaj, qui retrouvera les compétences Population et État civil, au titre de bourgmestre faisant fonction. “Il était l’homme de la situation”, a admis Catherine Moureaux. Une cellule de médiation avait aussi été mise en place par la fédération bruxelloise du PS pour faire appliquer les décisions du parti. “Je vais demander qu’elle se poursuive encore quelques mois. Mon retour, c’est d’abord m’occuper des citoyens en trouvant comment financer nos services publics pour les servir.”
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Avec, comme dossier principal, celui du budget de la commune qui est dans le rouge. “C’est le dossier le plus évoqué depuis mon retour”, admet-elle. “C’est la priorité. La dotation et la manière dont le gouvernement régional va se positionner vont être décisives pour nous. On est sous-financés à hauteur de 500 euros par habitant, soit 50 millions.” Elle compte donc particulièrement sur l’appui d’Ahmed Laaouej dans ce dossier.
L’autre épineux dossier concerne le CPAS et la réforme du chômage. “Le modèle ne tient pas”, a-t-elle terminé.
Une interview de Catherine Moureaux par Fabrice Grosfilley dans Bonjour Bruxelles sur BX1