“Mais où va-t-on se garer ?”: échanges tendus autour du réaménagement de la place Van Meenen
“Mais où va-t-on se garer ?” La question a dominé, mardi soir, la réunion d’information consacrée au projet de réaménagement de la place Maurice Van Meenen à Saint-Gilles, organisée dans le cadre de l’enquête publique. Les échanges ont été vifs et parfois tendus entre le public, les auteurs du projet et les représentants communaux.
Environ 80 personnes ont assisté à la présentation, des riverains, des commerçants, très peu de jeunes. Une large partie de l’assistance s’est montrée critique, principalement en raison de l’impact du projet sur le stationnement. La réunion était animée par le bureau d’architectes bruxellois Multiple, représenté par Abdel Majid Boulaioun, en présence notamment de l’échevine de la Mobilité, du Stationnement, des Espaces publics et des Espaces verts, Catherine Morenville (Ecolo).
► Lire aussi | Pollution de l’air : le carrefour Barrière à Saint-Gilles dépasse largement les recommandations de l’OMS
Après une présentation des grandes lignes du projet – biodiversité, gestion des eaux pluviales, revalorisation du parvis de l’Hôtel de Ville, agrandissement de l’espace du marché et des terrasses, ajout d’une plaine de jeux – de nombreuses interventions ont rapidement interrompu les explications. Plusieurs participants ont exigé que la question du parking soit abordée en priorité, certains se disant excédés par un débat qu’ils estiment ouvert “depuis des années”. 173 places existaient en 2020. Depuis 2023, il en reste 121. Après le réaménagement, le nombre de places passera à 84. Sur le plan de la mobilité douce, le nombre d’emplacements vélos lui va fortement augmenter. La place compte actuellement 54 arceaux, contre 142 prévus après le réaménagement.
► Lire aussi | Nouveau visage pour la place Van Meenen à Saint-Gilles
Le parti Ecolo a été à plusieurs reprises directement mis en cause par des intervenants, accusé d’être à l’origine des difficultés de mobilité dans le quartier. Catherine Morenville a rappelé que le projet est porté par l’ensemble de la majorité communale et qu’il résulte surtout d’un long processus de concertation associant riverains, commerçants, ambulants et associations de quartier.
Le réaménagement de la place Maurice Van Meenen s’inscrit dans une transformation plus large de l’espace public à Saint-Gilles, où plusieurs axes ont déjà été repensés ces dernières années en lien avec les politiques de mobilité et de cadre de vie. Longtemps perçue comme un “parking à ciel ouvert”, la place est appelée, selon la commune, à devenir un espace de séjour et de rencontre, en lien direct avec l’Hôtel de Ville.
Le projet entend également répondre à des enjeux environnementaux et patrimoniaux. La place fait partie d’un ensemble urbain classé autour de l’Hôtel de Ville, dont les abords ont été fortement minéralisés au fil du XXe siècle. Le réaménagement prévoit la plantation de 26 arbres supplémentaires, la création de jardins de pluie et une amélioration de l’infiltration des eaux pluviales, afin de limiter le ruissellement et les effets d’îlot de chaleur. Les études préliminaires soulignent par ailleurs la nécessité de restaurer les revêtements existants, fortement dégradés par des décennies d’usage automobile.
► Interview | “On veut une ville du 21e siècle” : la place Van Meenen en passe de devenir plus verte et piétonne
L’avenue Adolphe Demeur doit, elle aussi, être réaménagée et partiellement piétonnisée entre l’avenue Paul Dejaer et la place Van Meenen, avec l’objectif de réduire le trafic de transit et d’améliorer la qualité de vie des riverains.
Estimé à 3,5 millions d’euros, le projet n’est à ce stade financé qu’à hauteur de deux tiers. En cas d’avis favorable de la commission de concertation – composée de représentants de plusieurs administrations régionales bruxelloises-, attendue le 10 mars, la commune devra encore rechercher des financements complémentaires, notamment auprès de Beliris ou du futur gouvernement bruxellois.
Avec Belga