Conclave proposé par Georges-Louis Bouchez : PS, Engagés, Groen et CD&V acceptent, Anders aussi “sous conditions strictes”
C’est la première fois depuis les élections régionales du 9 juin 2024 qu’une double majorité – francophone et néerlandophone – va être réunie autour de la table.
Face à l’impasse politique bruxelloise, le président du MR propose une nouvelle méthode : exit les missions de médiation ou d’information, place au conclave – un processus au finish où l’on ne ressort que quand on a une solution. À cette fin, il a invité les sept partis concernés à entamer des négociations dans le cadre d’un conclave “réel et exigeant“, en repartant d’un texte de base inspiré notamment de la note ayant fait l’objet d’un accord en juillet 2024 entre le MR, le PS et Les Engagés.
M. Bouchez pense avoir identifié “la seule majorité réellement possible“, à savoir une alliance entre MR, PS et Engagés côté francophone, et Groen, Anders (ex-Open VLD), Vooruit et CD&V du côté néerlandophone.
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Les regards se tournent donc à présent vers ces différents partis, qui organisent des bureaux politiques ce lundi afin de donner leur réponse – positive ou négative – à l’invitation du libéral.
Résultats des élections régionales du 9 juin 2024 :
Qui sera présent ?
Selon nos informations, le PS, Les Engagés, le CD&V et Groen ont également déjà donné leur feu vert.
La fédération bruxelloise du PS a annoncé donne son accord à une entrée en négociation, “les enjeux bruxellois appellent un gouvernement de plein exercice pour donner la priorité aux défis sociaux, environnementaux et économiques. Lors des échanges, il a également été tenu compte du fait que pour la première fois, cette configuration emporte une majorité tant du côté francophone que néerlandophone. À ces conditions, le PS bruxellois prend ses responsabilités comme il l’a toujours fait et confirme sa participation aux négociations“.
“Nous serons évidemment présents autour de la table, avec ces six autres partis : Groen propose cette formule depuis un an déjà. Pour l’instant, nous n’avons ni textes, ni tableaux, ni agenda : il nous est donc impossible de nous exprimer sur le fond“, explique à notre micro Elke Van den Brandt.
“Je salue la relance du dialogue entre les partenaires. Bruxelles ne peut plus se permettre l’immobilisme : il est temps de transformer le dialogue en décisions concrètes“, a déclaré sur X le président des Engagés Yvan Veroustraete.
Et Sammy Mahdi, pour le CD&V, a cette fois clairement donné son accord. “Nous sommes prêts à négocier. Nos conditions ont toujours été claires ces derniers mois: une majorité du côté flamand et une majorité stable comportant les vainqueurs des élections côté francophone (avec le MR donc) pour oeuvrer pour plus de sécurité, plus de propreté et plus d’activation des chômeurs en Région bruxelloise”, indique le parti chrétien-démocrate. “Ces deux conditions sont rencontrées. Nous sommes donc prêts à discuter”.
Les socialistes flamands de Vooruit ont quant à eux dit dimanche prendre acte de l’invitation du président du MR. “Nous prenons acte de l’annonce et de l’initiative de M. Bouchez. Vooruit s’est toujours montré constructif dans la recherche d’un gouvernement bruxellois de plein exercice. Nous avons besoin d’un gouvernement capable d’agir, qui puisse assainir les finances de Bruxelles, rendre l’administration plus efficace et garantir une ville abordable pour tous”.
Anders pose ses conditions
Anders est prêt à répondre à l’invitation du président du MR, Georges-Louis Bouchez, à entamer des négociations gouvernementales à Bruxelles, sous certaines conditions strictes, a annoncé lundi le président du parti, Frédéric De Gucht. La présence de la N-VA posée durant plusieurs mois comme condition par M. De Gucht n’en fait pas partie. Mais au terme de la réunion de son bureau politique, le parti présidé par celui-ci pose plusieurs conditions qui doivent être clairement définies dans une note de départ: une majorité néerlandophone à part entière, un équilibre budgétaire en 2029, un allègement fiscal pour la classe moyenne, une simplification du paysage institutionnel et administratif et une approche résolue en matière de sécurité, en particulier dans les gares de Bruxelles-Midi et de Bruxelles-Nord et dans leurs environs. Pour Anders, ces éléments constituent la base minimale pour une discussion sérieuse.
Les autres partis doivent encore se prononcer après leurs bureaux politiques.
Pas invitée, la N-VA réagit
“Il importe de sortir de l’impasse, mais il faut former un bon gouvernement et non un nouveau gouvernement Vivaldi qui ne mettra pas de réformes en œuvre et ne remettra pas de l’ordre dans les finances publiques.” réagit Cieltje Van Achter, figure de proue de la N-VA bruxelloise. “Le PS décide qui siège à la table. Ce n’est pas normal, car ce sont les partis flamands qui déterminent la composition de leur coalition“, a-t-elle estimé au cours d’un entretien avec l’agence Belga.
BX1 – Photo : Belga